Deux records coup sur coup. Les prisons françaises, qui avaient déjà atteint un pic de détenus en mai, n'ont jamais compté autant de personnes incarcérées : elles étaient 67 977 au 1er juin, soient 138 de plus que le mois précédent, selon les chiffres publiés lundi soir par la direction de l'Administration pénitentiaire.

Le premier syndicat pénitentiaire appelle à la grève mardi

Avec des capacités d'accueil qui ont elles aussi légèrement augmenté, le taux d'occupation, c'est-à-dire le rapport entre le nombre de détenus et celui des places (il y en a aujourd'hui 57 325), reste en revanche inchangé, à 118,5%. La volonté affichée par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, de rompre avec la politique du «tout carcéral» de l’époque Sarkozy, n'a donc pas permis de renverser la tendance à la hausse du nombre de détenus dans l'Hexagone.

Dans le détail, le nombre de personnes condamnées s'est stabilisé (-0,1%), celui du nombre de prévenus (en attente de jugement), a progressé de 1,2%. Il n'y a jamais eu autant de personnes en détention provisoire en France. Ces chiffres tombent alors que le premier syndicat pénitentiaire, l'Ufap-Unsa Justice, appelle au blocage de tous les établissements pénitentiaires mardi, pour 'exprimer le "ras-le-bol" de la profession face à la surpopulation carcérale ou le manque de moyens.