Bis repetita. A la suite d'une erreur de procédure judiciaire à cause d'un fax, une femme détenue à Epinal (Vosges), soupçonnée d'avoir livré sa fille à un pédophile, a été remise en liberté jeudi, a-t-on appris de source proche du dossier. Le principal suspect du meurtre d'un disc-jockey, battu à mort en 2011, avait également été libéré de la maison d'arrêt de Villepinte pour un problème similaire.

L'avocat de la détenue d'Epinal a en effet obtenu la nullité de l'ordonnance de prolongation de sa détention provisoire parce qu'il n'avait pas été convoqué à un débat contradictoire devant un juge des libertés et de la détention à Metz: le fax de sa convocation était arrivé à un numéro erroné, selon cette source confirmant des informations publiées vendredi dans le Républicain Lorrain.

Le suspect "répondra de ses actes"

Cette remise en liberté est toutefois provisoire car elle ne remet pas en cause l'affaire sur le plan pénal. "Il y a une erreur de procédure, je me devais de la soulever. Mais ma cliente répondra de ses actes, cette nullité n'a pas été soulevée pour lui permettre d'échapper à la justice", s'est justifié son avocat, Me François-Xavier Koehl.

Cette affaire survient trois semaines après la retentissante remise en liberté d'un homme soupçonné de meurtre en raison d'un manque d'encre dans un télécopieur du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui avait empêché la transmission d'un document dans les délais légaux. La garde des Sceaux Christiane Taubira avait même diligenté une inspection générale des services judiciaires après l'affaire du fax de Bobigny.

L'affaire porte sur le viol d'une fillette de 5 ans

Dans l'affaire lorraine, la femme remise en liberté est soupçonnée d'avoir fait subir à sa fille de graves sévices sexuels avec un homme d'une trentaine d'années, que la mère avait rencontré sur internet quelques mois avant les faits, survenus en août 2012 à Talange (Moselle). Grièvement blessée, la fillette âgée de 5 ans à l'époque avait dû être opérée d'urgence le lendemain de son viol et de ses tortures, et ses blessures avaient interpellé le corps médical.

Placée en garde à vue, la mère avait fini par avouer et avait été placée en détention provisoire. En revanche le pédophile présumé, également interpellé peu après les faits et incarcéré à la maison d'arrêt de Metz, nie toujours les faits.