Le verdict est tombé pour Régis de Camaret. L'ex-entraîneur de tennis a été condamné à 10 ans de prison ce mardi pour les viols de deux anciennes pensionnaires mineures de son club de Saint-Tropez. L'avocat général avait réclamé mardi une peine de "12 à 15 ans de prison". Cette peine est plus lourde que celle prononcée en première instance, en novembre 2012 par les assises du Rhône à Lyon, où il avait alors écopé de huit ans de prison.

L'ancien entraîneur est apparu sonné dans le box. Les nombreuses victimes de Régis de Camaret, aujourd'hui mère de famille pour la plupart, se sont longuement étreintes avec émotion. La championne de tennis Isabelle Demongeot - qui avait initié la procédure en 2005 - est venue s'exprimer devant les caméras aux côté des deux seules parties civiles retenues par la justice, Karine et Stéphanie. "Les parties civiles et les "prescrites" sont indisociables", a commenté Isabelle Demongeot. Avant d'ajouter : "Dix ans c'est juste. Ce verdict est apaisant". "C'est définitif", s'est pour sa part réjouie Karine. "Cette petite prise de conscience on ne s'y attendait pas du tout, ça fait du bien", a affirmé Stéphanie, commentant le pardon tardif de l'entraineur.

"J'ai honte"

"J'ai honte et je demande pardon, c'est tout", avait en effet déclaré à la surprise générale Régis de Camaret, en clôture du procès, après s'être muré dans le silence pendant sept jours. L'accusé de 71 ans a nié durant le procès avoir violé les deux femmes qui étaient alors âgées d'une dizaine d'années. Parmi toutes ses anciennes élèves, aujourd'hui âgées entre 37 et 50 ans et entendues en tant que simples témoins pour des faits prescrits, dix ont évoqué des viols ou des tentatives de viols et douze des attouchements sexuels.

Les témoignages d'anciennes joueuses se sont enchaînés pendant le procès, choquant les membres du jury. Marjolaine a raconté comment son entraîneur l'avait sodomisée et blessée de manière bestiale à 12 ans en la plaquant dans les vestiaires contre une armoire. La fillette n'avait alors pas été crue par ses parents. Marion a détaillé comment il lui avait imposé des attouchements sexuels dès ses 10 ans, avant de la violer à 14 ans. Elle avait été la première à déposer plainte en 2002. Une plainte sans suite car prescrite.