Le procès des amants diaboliques se poursuit aux assises de Nantes, ce mercredi. Accusés d’avoir assassiné Anne Barbot en mars 2013, Didier Barbot et Stéphanie Livet, assis non loin l’un de l’autre dans le box, doivent faire face à leur passé. Anciens amis, membres de la famille qui depuis ont pris leur distances… tous défilent à la barre des témoins. Et devant le tribunal, dissèquent les moindres paroles et écrits que les accusés ont pu laisser échapper, avant d'être accusés de l'impensable. Aujourd’hui, c’est une bien étrange lettre manuscrite qui refait surface.

Cette missive, c’est Didier Barbot qui l’a rédigée pour un couple d’amis, depuis sa cellule de prison, au mois de mai 2015. À l’époque, il a alors donné des aveux circonstanciés sur le meurtre de sa femme en garde à vue. Des aveux d’ailleurs repris par Stéphanie Livet, un peu plus tard. Sur le papier, il précise que sa lettre n’a pas suivi les voies officielles et que par conséquent, les membres de l’administration pénitentiaire ne l’ont pas lue. "Ne transmettez pas à la justice, s’il vous plaît", leur demande-t-il.

"Je ne peux toujours rien vous dire"

C’est peine perdue. Les amis "ne veulent pas être complices de Didier Barbot" et choisissent de confier le fameux courrier à l’avocat des parties civiles. C’est ainsi que le tribunal découvre un document pour le moins surprenant, dans lequel Didier Barbot revient sur ses aveux et accuse entièrement sa maîtresse, Stéphanie Livet, du meurtre d’Anne. "Ce que je vous ai fait est impardonnable", commence-t-il par écrire à ses anciens copains. "Les jours et les semaines passaient, et je ne pouvais pas, je ne pouvais plus parler. J’espérais survivre comme ça" écrit Didier Barbot, en évoquant les jours qui ont suivi la disparition de sa femme. Il ajoute : "Un jour, vous connaîtrez la vérité vraie. Mais je ne peux toujours rien vous dire".

Et pourtant, il en dit, des choses, dans cette lettre : "C’est très dur les gardes à vue. La fatigue, les questions qui partent dans tous les sens. J’ai dit ce qu’ils voulaient entendre. Mais j’ai été envoûté" poursuit-il, formulant le voeu qu'"Anne soit vengée et que cette fille" - sous-entendu Stéphanie Livet - "qui m’a mené la tête par la queue, soit jugée correctement. Elle ne risque que quelques années avec tout son cinéma." Et il termine : "Moi, ma plus grosse erreur fut de tromper Anne mais cela mérite-t-il une si grosse peine ? Soyez-en sûrs, je ne l’ai jamais frappée, ni touchée pour lui faire de mal. Je me demande toujours ce que je fais entre quatre murs. Je préférerais rejoindre l’enfer."

"C'est un monstre"

A ce moment précis de la lecture, donnée par la présidente, Stéphanie Livet se penche en avant sur son banc. Elle regarde Didier Barbot, séparé d’elle par deux gendarmes, et hausse les sourcils. Peu après, les destinataires du courrier sont appelés à la barre. Envers Didier Barbot, ils n'ont pas de mots assez durs : "On l’a soutenu, Didier, c’était un ami. Mais il nous a mené en bateau. Il nous a manipulé pendant huit mois et par cette lettre, il continue. C’est un monstre." Au début du procès, l'accusé a annoncé qu'il plaiderait coupable. Sa version des faits est attendue d'ici à vendredi. 

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