"Il faut punir des actes graves". L'avocat général Annie Grenier a requis jeudi un minimum de 12 années de prison à contre Pierre Pallardy, en plus d'une interdiction définitive d'exercer et l'inscription au fichier des délinquants sexuels.

A la veille du verdict, l'ancien ostéopathe star, poursuivi pour viols et agressions sexuelles de 19 patientes, n'a pas changé son fusil d'épaule. Tout au long des trois semaines qu'a duré son procès aux Assises de Paris, comme depuis son interpellation en 2006, il a nié les faits qui lui sont reprochés. A priori insuffisant pour éviter à cet homme de 72 ans une lourde condamnation. Le verdict doit être prononcé vendredi.

"Sept victimes de viols"

Jeudi, la magistrate a évoqué par le menu, durant près de deux heures, les cas des 19 victimes présumées du thérapeute vedette. Et fustigé son comportement. "Pierre Pallardy nous a dit 'mes patients sont mes enfants'. Vous avez une attitude pédophile, vous avez profité de l'emprise que vous aviez sur elles", a attaqué l'avocat général, rappelant qu'il y avait "quand même sept victimes de viol".

Plus tôt, onze avocats des parties civiles s'étaient succédé pour demander à la cour de reconnaître aux plaignantes "leur statut de victime", dénonçant le "déni absolu" de l'accusé. Evoquant une première plainte, classée sans suite en 2004 faute de preuves mais qui aura servi de "trace", Maître Laure Heinich-Luijer a vu aussi dans ce procès "un moment de femmes, qui ont dit 'je porte plainte pas pour moi, pour les autres'. Des femmes qui ont fait leur devoir civique et qui attendent que vous fassiez le vôtre". "Ici, c'est quand même parole contre parole... contre parole... contre parole... contre parole... contre parole..."