Après les deux raids aériens menés ces dernières 48 heures par Israël en Syrie, la tension est plus que palpable dans la région et Israël quelque peu isolé face à l'alliance des chiites syriens, iraniens et libanais. "Le gouvernement syrien confirme que cette agression ouvre largement la porte à toutes les possibilités", a déclaré le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi, qualifiant la situation de "plus dangereuse après l'agression". La télévision officielle a annoncé dans la soirée que "les missiles étaient prêts pour frapper des cibles précises en cas de violation".

Pour le gouvernement contesté de Bachar al-Assad, ce raid prouve que les rebelles sont "les outils d'Israël à l'intérieur" du pays, une aubaine pour le régime qui mène depuis plus de deux ans une guerre contre ceux-ci. Damas n'a pas tardé à relayer ces critiques à l'ONU, via une lettre où elle accuse l'Etat hébreu de soutenir ses opposants, notamment le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. L'Armée syrienne libre a fait savoir que ses opérations n'étaient "pas liées aux raids israéliens". La Coalition de l'opposition a, quant à elle, condamné l'opération et accusé le régime syrien d'être responsable de l'affaiblissement de l'armée qu'il utilise "contre la population".

Ban Ki-moon appelle au calme

Du côté de l'Iran, l'allié du régime de Bachar al-Assad qui aurait fourni les armes qui transitait par la Syrie pour rejoindre le Hezbollah libanais, l'heure n'est pas non plus à l'apaisement. Le commandant de l'armée de terre, le général Ahmad-Reza Pourdastan, s'est dit prêt à "entraîner" l'armée syrienne.

Dans une région aussi sensible que le Proche-Orient, une telle affaire est prise très au sérieux par les diplomates étrangers qui cherchent à calmer le jeu. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré "très préoccupé" par la situation et a lancé un appel au calme alors que l'Egypte, l'Algérie et la Ligue arabe ont condamné dimanche ces raids. Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a estimé que ces frappes illustraient le "danger croissant sur la paix" et renforçaient la nécessité de lever l'embargo européen sur les armes pour les rebelles syriens. Avant d'être contredit par son homologue autrichien, Michael Spindelegger, pour qui cet accrochage "démontre" plutôt "qu'il y a trop d'armements en Syrie".

Pourtant, Israël reste ferme : "Chaque fois que des informations parviendront à Israël sur un transfert de missiles ou d'armements de Syrie au Liban, ils seront attaqués", a prévenu un haut responsable sous couvert d'anonymat. L'Etat hébreu a annoncé avoir déployé deux batteries anti-missiles dans le nord du pays. L'armée a également ordonné la fermeture de l'espace aérien dans le nord du pays jusqu'au 9 mai.