Que retenir de l'audition tant attendue de Jérôme Cahuzac ? Peu de chose. Durant un peu plus de deux heures, l'ancien ministre du Budget est passé sur le gril des membres de la commission d'enquête chargé de déceler d'éventuels dysfonctionnements de l'Etat dans l'affaire qui porte son nom. Beaucoup de questions ont fusé, très peu de réponses ont été apportées. On retiendra néanmoins une anecdote croustillante, distillée par l'ancien député-maire de Villeneuve-sur-Lot.

"Jean-Marc Ayrault souhaite me parler"

Parmi les nombreux thèmes abordés par les députés figurent ses rapports avec François Hollande ou Jean-Marc Ayrault, dans les semaines qui ont suivi l'éclatement de l'affaire. "Je n'ai pas eu de contact avec le président de la République", assure d'emblée Jérôme Cahuzac, ni avec le chef du gouvernement. Mais très vite, l'ancien ministre se ravise. "La période était troublée", s'excuse-t-il, avant de raconter ce jour où son téléphone a sonné. "Je ne sais plus si c'est entre le 19 mars et le 2 avril ou après le 2 avril". La première date est celle de sa démission du gouvernement, la seconde celle de son aveu public d'un compte non déclaré à l'étranger. Mais peu importe.

Ce jour-là, son téléphone sonne. Au bout du fil, Matignon. "Jean-Marc Ayrault souhaite (lui) parler." Et Jérôme Cahuzac de raconter devant des députés médusés : "Naturellement, je suis à la disposition du Premier ministre. J'entends sa voix et le Premier ministre me dit: Allo Bernard?" (Ndlr : Bernard Cazeneuve, celui qui lui a succédé à la tête du Budget). ""Je lui dis: Non, ça, c'est le nouveau ministre du Budget. Moi, je ne suis que l'ancien. Puis il s'excuse de sa méprise." A défaut de lever le voile sur sa "part d'ombre", l'histoire aura au moins eu le mérite de détendre les esprits. Quelques secondes.