Après la Grèce, l'Irlande et le Portugal, c'est au tour de l'Espagne et de l'Italie d'être la cible d'attaques spéculatives sur le marché obligataire. Même si leurs rendements se sont légèrement détendus vendredi soir à la clôture des marchés, les bons du trésor italiens atteignent tout de même ce matin près de 5,42 % à 10 ans.

Pour tenter de maitriser l'incendie, le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), le Français Jean-Claude Trichet, va apporter son soutien à l'économie transalpine, en rachetant notamment des obligations italiennes. Cela ne se fera pas sans contre-partie. Dans son édition du lundi 8 août, le Corriere della Sera révèle une lettre envoyée, jeudi dernier, par Jean-Claude Trichet, au chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi. Le gouverneur de la BCE pose des conditions précises au cavaliere en échange de son soutien. L'Italie devra procéder rapidement à des privatisations, visant plus précisément les sociétés municipales, et réformer son marché du travail.

Vendredi dernier, alors que l'existence de cette lettre n'avait pas encore été dévoilée, Silvio Berlusconi et son ministre des Finances, Giulio Tremonti, ont annoncé lors d'une conférence de presse qui n'était pas prévue, l'accélération de la cure d'austérité récemment adoptée par le Parlement. Le retour à l'équilibre des finances publiques serait dorénavant atteint en 2013 au lieu de 2014.

Le journal Italien a qualifié la lettre de la BCE, de quasi "programme de gouvernement", qui dresse la liste "des mesures à prendre, le calendrier pour leur application et même les outils législatifs à utiliser".
De l'autre côté des Alpes, l'opposition, menée par Pierluigi Bersani (Parti Démocrate) a exigé des explications à la coalition de droite qui dirige le pays : "Que nous demandent vraiment la BCE et les institutions internationales? Un gouvernement impuissant totalement discrédité et désormais sous tutelle doit au moins dire quelle est la situation réelle".

A la tête d'un pays dont la dette publique atteint 120% du PIB, Silvio Berlusconi est de plus en plus affaibli. En plus de ses nombreux problèmes judiciaires, le président du Conseil doit en ce moment affronter trois procès et son parti s'est fait balayer lors des dernières élections locales, perdant même son fief de Milan. Sa coalition avec le Ligue du Nord, le parti populiste fortement ancré en Lombardie et en Vénitie, semble elle aussi se fissurer. Les soutiens de son leader, Umberto Bossi, au cavaliere se font de plus en plus rares ces dernières semaines. Malgré ces difficultés, Silvio Berlusconi a annoncé vouloir aller au bout de son mandat qui se termine en 2013.
 

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