Quatre personnes ont trouvé la mort vendredi 23 août au large des îles Shetland, au nord de l'Ecosse, où un hélicoptère transportant des employés du groupe français Total depuis ou vers les plateformes offshore s'est abîmé en mer.

Dans un premier temps, les autorités écossaises avaient évoqué trois victimes, mais dans son dernier communiqué diffusé samedi, la police a fait état d'un autre décès. "Les corps de trois personnes ont été récupérés et le travail est en cours pour récupérer le corps de la quatrième victime" était-il indiqué en fin de matinée.

Quatorze rescapés, dont l'équipage

Le bilan de la catastrophe aurait pu être beaucoup plus lourd, car dix-huit personnes, dont deux membres d'équipage se trouvaient à bord de l'appareil, un Super Puma L2 de la société Eurocopter. Neuf des quatorze rescapés, blessés, ont passé la nuit à l'hôpital, les cinq autres ont pu quitter l'établissement le soir même.

Les circonstances de la catastrophe sont incertaines. D'après la compagnie canadienne CHC, propriétaire de l'appareil, qui précise que le vol était affrété par Total, l'engin qui avait décollé de la plateforme Borgsten Dolphin faisait route vers l'aéroport Sumburgh, sur les îles Shetland, quand la tour de contrôle a perdu tout contact vers 18h30. L'hélicoptère se trouvait alors à environ trois kilomètres de sa destination.

Toute la nuit durant, la police, l'armée les garde-côtes écossais ainsi que les secouristes de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI), l'institution britannique en charge des sauvetages en mer, ont été à l'oeuvre pour tenter de retrouver les disparus.

Une perte de contrôle liée à un manque de puissance ?

"Nous ne connaissons pas la cause de l’incident. Une enquête est en cours (...). Par précaution, nous avons temporairement suspendu tous les vols dans le monde de nos Super Puma L2" a indiqué CHC. Le témoignage des pilotes aidera sans doute à y voir plus clair.

"Il semble qu’il y ait eu une perte de contrôle catastrophique qui s’est traduite par une chute soudaine de l’hélicoptère dans la mer, sans qu’il y ait eu possibilité de faire un atterrissage contrôlé" a de son côté déclaré Jim Nicholson, le responsable de la coordination des secours pour la RNLI. "C’est un miracle qu’il n’y ait pas plus de victimes dans un accident de ce genre", a-t-il ajouté.

Tout aussi prudent, le Premier ministre écossais, Alex Salmond a estimé qu’il était "trop tôt pour déterminer la cause de cette terrible tragédie". Sollicité par l'AFP, le géant français des hydrocarbures, Total, s'est refusé "pour l'instant" à tout commentaire. Plus diserte, la mère de l'un des rescapés a déclaré à la chaîne d'information Sky News que l'hélicoptère "semble avoir manqué de puissance et qu'il n’y a pas eu de temps pour se préparer". Son fils en a réchappé, car il "était près de la fenêtre" et a rapidement pu s'extraire de la carlingue, a-t-elle ajouté, soulignant combien "ça semble irréel".

Cet accident impliquant un appareil fabriqué par Eurocopter évoque des précédents récents en mer du Nord. L'an dernier, deux Puma EC 225 avaient connu des incidents sans conséquences graves. En avril 2009 en revanche, non loin des côtes écossaises, seize personnes avaient trouvé la mort dans le crash d'un Puma AS332 L2.