En juillet dernier, il n'était que quatrième dans les sondages. Bill de Blasio, du haut de son 1,95 mètre, a finalement dominé de la tête et des épaules la primaire démocrate pour la mairie de New York mardi soir. Terrassant ses quatre challengers avec plus de 40% des voix, cet homme de 52 ans a été désigné dès le premier tour candidat à l'élection du 5 novembre. Un boulevard s'ouvre devant lui : alors que Michael Bloomberg, le maire républicain sortant, ne peut pas briguer de nouveau mandat, il fera figure de grand favori face à Joe Lhota, l'ex-patron du réseau de transports publics de New York, désigné dans le camps adverse. A la présidentielle l'an dernier, la ville qui ne dort jamais a voté à plus de 80% pour Obama.

L'anti-Bloomberg

Bill de Blasio, médiateur de la mairie depuis 2010, un poste qui consiste à recueillir les doléances des habitants, aura su surfer sur leur volonté de changement en se positionnant comme l'anti-Bloomberg. Etiqueté très à gauche, celui qui dirigeait la campagne sénatoriale d'Hillary Clinton en 2000 s'est lancé dans une croisade contre les inégalités, dénonçant les pratiques policières controversées de contrôles au faciès ("stop and frisk") ou s'élevant contre "le conte de deux cités" (allusion au roman éponyme de Dickens). L'idée-phare de sa campagne : augmenter les impôts des New-Yorkais gagnant plus de 500.000 dollars par an, pour financer l'école maternelle pour tous en dessous de quatre ans.

Pour asseoir sa popularité, cet italo-américain n'hésite pas à mettre en avant sa famille, avec qui il vit à Park Slope, un quartier "bobo" de Brooklyn : sa femme, Chirlane McCray, une Caribéenne ouvertement bisexuelle, écrit ses discours. Ses deux adolescents métis, une fille Chiara et un fils Dante, à l'impressionnante coupe afro, l'accompagnent parfois sur le terrain. Tous trois l'entouraient encore face aux caméras mardi soir pour fêter la victoire.