Que s'est-il passé le 17 décembre dernier dans le nord de la Martinique ? Cette question hante la famille de Magalie Méjean, dont le corps a été retrouvé le 23 janvier dernier. En vacances sur l'île, cette jeune femme de 28 ans, originaire de Caen, avait été aperçue pour la dernière fois le 17 décembre alors qu'elle empruntait le sentier de randonnée "nature et découverte" de la bananeraie de Chalvet, près de Basse-Pointe. Après une série de recherches infructueuses, son corps a finalement été découvert cinq semaines après sa disparition dans une ravine, en contrebas du sentier.

Alors que les parents de la jeune femme ont pu rapatrier le corps de leur fille vendredi afin de l'inhumer, de récentes découvertes tendent à confirmer la piste criminelle. Une conclusion à laquelle n'a pourtant pas permis d'aboutir l'autopsie pratiquée il y a quelques jours. A l'issue de l'examen médico-légal, en effet, le procureur de la République de Fort-de-France, Eric Corbaux, avait notamment indiqué n’avoir pour l'instant "aucun élément relatif à des violences, sexuelles ou non". "Toutes les hypothèses restent ouvertes", avait ajouté le magistrat, précisant que des examens complémentaires devraient être pratiqués.

Des effets personnels de la victime apparus sur le sentier

Jeudi néanmoins, une troublante découverte a renforcé l'hypothèse d'un crime. Venus se recueillir à l'endroit où le corps de leur fille a été découvert, les parents de Magalie Méjean, accompagnés du maire de Basse-Pointe et de plusieurs sapeurs-pompiers, sont tombés sur un boîtier étanche d'appareil photo appartenant à la victime. Une surprise pour les enquêteurs puisque la zone avait été ratissée sans succès, notamment à l'aide de détecteurs de métaux. Le lendemain, à l'issue d'une nouvelle fouille, d'autres effets personnels de la victime ont été retrouvés : ses papiers d'identité, un sac, mais aussi un short gris identique à celui qu'elle portait le jour de sa disparition.

L'enquête, confiée à un juge d'instruction, s'oriente désormais "vers la piste criminelle", a indiqué une source proche du dossier. Les effets personnels de la jeune femme vont maintenant faire l'objet d'analyses poussées à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). D'ores et déjà, une source proche de l'enquête a précisé que l'état des affaires retrouvées vendredi indiquait qu'il y avait "peu de chances" qu'elles soient restées près d'un mois et demi à l'endroit où elles ont été découvertes.