"Je plaide non coupable". Bosco Ntaganda a tenu à le rappeler à plusieurs reprises devant la juge Ekaterina Trendafilova qui ne s'est pas gênée pour lui rappeler que ce n'était pas l'objet de l'audience. Le surnommé "Terminator", car réputé sans pitié, soupçonné de crimes commis dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en 2002 et 2003, comparaissait pour la première fois à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI) ce mardi, une semaine après sa reddition surprise à Kigali.

"Le but de la comparution initiale est très limité", a indiqué la juge, rappelant qu'il s'agit notamment d'informer le suspect des crimes qui lui sont imputés : "vous aurez plus tard de nombreuses opportunités de vous exprimer". La juge Trendafilova a fixé au 23 septembre 2013 le début de l'audience de confirmation des charges, étape suivante dans la procédure et destinée à déterminer si les éléments de preuve du procureur sont assez solides pour mener à un procès.

800 morts et de 14 000 déplacés

Les deux mandats d’arrêt émis en 2006 et 2013 accusent Bosco Ntaganda de sept chefs de crimes de guerre pour viols, pillage, esclavage sexuel et recrutements d’enfant soldats. L’ancien général rebelle est aussi sous le coup de trois chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité, meurtres, crimes sexuels et persécutions.

L'avocat de M. Ntaganda, Hassane Bel Lakhdar, commis d'office, a ensuite assuré que son client "a l'intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire, mais ce ne sera pas aujourd'hui". Officiellement, Bosco Ntaganda s'était réfugié le 18 mars à l'ambassade américaine de Kigali, où, selon Washington, il s'est présenté "de lui-même" pour demander à être remis à la CPI. Bosco Ntaganda a fait ses armes au sein du Front patriotique rwandais du président Paul Kagame à l'époque où cette rébellion mettait fin au génocide en 1994. Certains estiment qu'il pourrait faire d'embarrassantes révélations sur le rôle de Kigali dans l'est de la RDC. On parle à l’époque de 800 morts et de 14 000 déplacés.