"C'est une nouvelle importante, parce qu'elle vient consacrer ce que la France a demandé depuis un an, c'est-à-dire que l'on mette la croissance au premier rang de nos priorités". François Hollande a salué vendredi la décision de la Commission européenne de donner deux ans de plus à la France pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits publics. En visite dans le Doubs, le chef de l'Etat a cependant affirmé que "ce serait une vue de l'esprit" d'imaginer pour autant que la France pourrait se "dispenser du sérieux budgétaire indispensable" parce qu'elle disposerait de "cette souplesse, de cette liberté".

"Cette capacité, maintenant, qui nous est donnée d'engager notre politique sans avoir une contrainte qui nous empêche d'agir pour la croissance et l'emploi" ne doit pas être une incitation à s'écarter de ces objectifs, a insisté François Hollande. "L'économie budgétaire doit être un principe et c'est pour ça que quelle que soit la liberté que nous donne l'Europe, nous nous sommes fixés un objectif : que la dépense publique n'augmente pas d'une année sur l'autre", a-t-il enchaîné.

Réformes structurelles indispensables

La décision de Bruxelles, selon lui, est une opportunité de mener "des réformes structurelles indispensables pour la croissance" en matière de formation professionnelle, d'innovation, d'investissement ou de réforme des retraites. Dans ses prévisions économiques dévoilées vendredi, la Commission a estimé que le déficit de la France allait déraper, à 3,9% du PIB cette année et à 4,2% du PIB l'an prochain. Des chiffres qui s'éloignent sensiblement de ceux du gouvernement français, qui prévoit un déficit de 3,7% cette année et de 2,9% en 2014.

Jugeant les prévisions du gouvernement français "excessivement optimistes", le commissaire chargé des Affaires économiques, Olli Rehn, a estimé "raisonnable de prolonger de deux ans le délai" imparti à Paris pour revenir dans les clous imposés par la Commission (soit moins de 3%), en 2015.