"Aujourd'hui, les copains sont là!" Sous une nuée de drapeaux du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon savoure. Sous ses yeux, ils sont des milliers à battre le pavé parisien contre la réforme des retraites. Une mobilisation somme toute modeste : "seulement" 150.000 à 370.000 personnes ont répondu présents en France. Un flop ? "Les chiffres je m'en fous moi, ce n’est pas ça qui compte, assure celui que metronews a pu suivre dans le cortège. Je ne vais pas vous dire que le pays a déferlé. Mais tout ce qui est la chair du mouvement syndical est là."

Les syndicats apparaissent pourtant divisés. Certains soutiennent le texte, à l'image de la CFDT ou CFTC. Et des leaders comme Jean-Claude Mailly (FO) se félicitent de la création d'un compte-pénibilité. Peu importe pour le leader du Front de Gauche, qui s'attend à un effet boule de neige ces prochaines semaines. La CGT a d'ores et déjà appelé à une nouvelle journée d'action le 18 septembre, jour de la présentation du projet en conseil des ministres.

"Un rejet massif du système"

En attendant, Jean-Luc Mélenchon décoche ses meilleurs flèches à l'attention de François Hollande, un "embrouilleur" qui "nous a fait dévaler la pente depuis un an." Solférino n'est pas en reste : "Il faut se détacher au maximum du PS. Aujourd'hui, un vote socialiste c'est un vote de résignation." "Ce que tu as proposé, j'y croyais!" lui lance un manifestant, pancarte "Retraite, 20 ans de régression ça suffit" sous le bras. "Tu es syndicaliste ? Où ça camarade" répond l'homme politique entre deux poignées de mains. Peu à peu, les militants s'agglutinent autour du tribun. Et débordent sur le cortège : "On est en plein milieu de la manif', on bouche tout le monde!" s'amuse un militant, alors qu'une banderole "la retraite avant l'arthrite!" fait sourire le cortège.

Sur les quais du métro en rentrant de la manifestation, le ton se veut nettement plus solennel. "Il y a un rejet massif du système" avertit Jean-Luc Mélenchon, quelques minutes avant de partir siéger au Parlement Européen. Le sourire revient quand, dans la rame, un voyageur interpelle l'ex-candidat à la présidentielle. "Mélenchon le boss!" Réponse de l'intéressé : "Il va essayer."