Toutes les annonces faites mardi par Jean-Marc Ayrault au sortir des ultimes négociations sur la réforme des retraites n'ont pas été synonymes de surcharge fiscale. Il aura fallu attendre la fin du discours du Premier ministre pour connaître la surprise du chef. 

"Je vous annonce ce soir que l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sera rétablie, alors qu'elle avait été supprimée par nos prédécesseurs", a déclaré le Premier ministre. Une annonce qui intervient alors que les déclarations de ras-le-bol fiscal se multiplient.

3 milliards d'euros de recettes

L'indexation, ininterrompue durant 42 ans, des seuils d'imposition à l'inflation va donc reprendre son cours, après une suppression de deux ans. Cette mesure prise en 2011, l'une des principales de l'arsenal fiscal de la précédente mandature, a entraîné une hausse de 1,2% de l'impôt sur les revenus perçus cette année. En 2012 et 2013, ce gel aura ainsi rapporté un peu plus de 3 milliards d'euros à l'Etat, moins cependant que les 4,8 milliards escomptés au moment de sa mise en place.

Soucieux de préserver autant que possible le pouvoir d'achat des Français, au moment où la réforme des retraites et le budget 2014 ouvrent une nouvelle hausse, même limitée, des prélèvements obligatoires, Jean-Marc Ayrault a donc renoncé à prolonger le dispositif hérité de son prédécesseur.

Qu'est-ce qui va changer dans mes impôts ?

Concrètement, les contribuables dont les revenus ont augmenté cette année ne risquent pas de changer de barème pour peu que cette hausse ne dépasse pas l'inflation, qui s'établissait en juillet à 1,1% en glissement annuel. C'est également l'assurance pour tout une partie des faibles revenus de rester non imposable à la différence de ces deux dernières années.