Ce devrait être la mère de toutes les batailles pour les partenaires sociaux à la rentrée. La délicate réforme des retraites, sur laquelle planche le gouvernement depuis des mois, entre dans une nouvelle phase décisive ce jeudi. Patronat et syndicats vont en effet défiler à Matignon pour soumettre à Jean-Marc Ayrault leurs conditions avant un projet de loi en septembre. Metronews dresse l'inventaire des pistes, la plupart issues du rapport Moreau dévoilé le 14 juin, qui seront sur la table.

  • Reculer l'âge légal

Trois ans après la réforme Sarkozy, la gauche va-t-elle à son tour toucher à l'âge de départ légal à la retraite ? Hypothèse peu probable, le gouvernement et les syndicats étant contre. Seul le patronat défend cette solution, préconisant 63 ans en 2020 et 65 ans en 2040.

  • Allonger la durée des cotisations

Si l'âge de départ légal demeure préservé, il devrait être de facto repoussé via la durée de cotisation. Actuellement, ceux nés en 1955 et 1956 doivent travailler 41,5 ans pour toucher leur retraite à taux plein. Mais pour les générations suivantes, le rythme prévu par la réforme Fillon de 2003 devrait être accéléré : le rapport Moreau propose par exemple d'ajouter un trimestre tous les 3 ou 4 ans. Cela donnerait 42 ans pour la génération de 1962, 43 pour celle de 1975 et 44 pour celle de 1989.

  • Une hausse des cotisations

La mesure affole déjà le Medef. Selon le syndicat des patrons, toute hausse de cotisations est contradictoire avec les crédits d'impôts accordés par le gouvernement pour favoriser la compétitivité des entreprises. Sauf que Matignon ne semble pas prêt à reculer sur une mesure qui remplirait rapidement les caisses. Une seule hausse de 0,4 point de 2014 à 2017 (0,1 point par an) des cotisations employeurs et salariés pour les salaires au dessus du plafond de la Sécurité sociale (3.086 euros) rapporterait en effet 3 milliards.

  • La justice avant tout

Le gouvernement l'assure : sa réforme portera le sceau de la justice. Plusieurs mesures seront proposées en ce sens. Seraient concernés : les jeunes, notamment apprentis et stagiaires, les femmes actives ainsi que les professions dites pénibles.