La réforme du travail portée par Myriam El Khomri, provoque un clash entre l'Elysée et Matignon. Alors que, jeudi 19 février, la ministre du Travail annonçait dans une interview aux Echos qu'elle et le Premier ministre prendraient leurs responsabilités si le Parlement se montrait trop réticent à l'adopter, François Hollande a émis quelques réserves.

Déjà que la gauche s'écharpe sur ce sujet, ce sont désormais Manuel Valls et l'Elysée qui entament un bras de fer. Le président serait opposé à l'usage du 49-3, qui permet de se passer du vote des parlementaires. Une méthode déjà utilisée pour la Loi Macron

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Hollande VS Valls

Cette interview de Myriam El Khomri, publiée dans Les Echos, avait été validée par le président. Mais cette petite phrase : "Nous prendrons nos responsabilités", serait due à un ajout des services de Matignon, qui avait relu l'article. Pour l'instant à l'état d'avant-projet de loi, le projet pourrait "bénéficier" d'un sacré coup d'accélérateur de la part de Manuel Valls, qui compte mettre la pression sur les parlementaires.

Une attitude qui ne plaît pas à François Hollande. D'après Europe 1 et Le Parisien les proches du président affirment qu'il souhaiterait rapidement apaiser la situation : "Il y aura un débat parlementaire approfondi et une majorité. On ne pourra jamais reprocher à François Hollande de ne pas être un homme de dialogue."

Exécutif VS législatif

Quoi qu'il en soit, cette lutte entre François Hollande et Manuel Valls pour l'autorité de l'exécutif ne change pas grand-chose sur le fond de cette réforme. Entre la facilitation des licenciements économiques, le plafonnement des indemnités prud'homales ou la remise en cause des 35 heures, ces mesures provoquent un tremblement de terre parmi les élus socialistes.

Les frondeurs sont déjà partis à la fronde (le député Yann Galut a promis une "bataille homérique" à Myriam El Khomri), et même le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré qu'il aurait "du mal à voter en l'état" ce texte. Il va falloir soit de la diplomatie de la part du gouvernement, soit l'usage du 49-3, pour faire passer le texte. Le combat continue.

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