Les nouvelles pistes avancées par le chef de l'Etat pour réduire le nombre de régions ne séduisent guère Alain Rousset. Pour le président PS de l'Association des régions de France (ARF), réduire leur nombre revient à appliquer une "vieille idée technocratique". Explications : "Ce n'est pas l'essentiel. Quand on fait des comparaisons avec les voisins européens, on voit que le problème, ce sont les compétences et les moyens".

Un refrain entonné par la plupart des présidents de région, pourtant du même bord politique que François Hollande (sauf en l'Alsace). En Basse-Normandie, Laurent Beauvais ne veut pas faire "des coquilles vides avec les grandes régions, donnons-leur des compétences et des moyens propres. Aujourd'hui, on n'a pas de ressources fiscales, on est des nains comparés aux Länder allemands". "9 Länder sur 16 sont moins peuplés que ma région, pourtant ils sont beaucoup plus forts", assène son voisin de Midi-Pyrénées, Martin Malvy.

"Cette fois, ça va se faire"

Pour trancher, collègue de la Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol souhaite pour sa part consulter la population "par référendum". Idem pour le patron de l'Ile-de-France Jean-Paul Huchon, qui prône "une concertation étroite des états-majors et des populations".

L'ARF préfère cependant éviter de s'opposer frontalement au chef de l'Etat, retenant de son discours sa "volonté de clarifier strictement qui fait quoi" sur les territoires. "Ce que je sais de l'intérieur, c'est que cette fois, ça va se faire", a martelé Alain Rousset. Enfin un consensus.