ll aura fallu des heures de tractations, depuis mercredi soir, pour aboutir à ce qui sera probablement le dernier remaniement du quinquennat de François Hollande. Le chef d'orchestre ne change pas : Manuel Valls, Premier ministre depuis mars 2014, il conduira le nouveau gouvernement jusqu'à la présidentielle de 2017. En revanche, son équipe change beaucoup, avec trois ministres sur le départ (Sylvia Pinel, Marylise Lebranchu et Fleur Pellerin) après celui de Laurent Fabius. "Nous souhaitions un gouvernement basé sur l'expérience, la solidité, avec une assise élargie", a vanté Manuel Valls sur BFMTV.

 Le come-back d'Ayrault, patron de la diplomatie française
Le revoilà. Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre de François Hollande, redevenu député après la nomination de Manuel Valls, sera présent pour la fin du quinquennat. Après le départ de Laurent Fabius au Conseil constitutionnel, l'ex-maire de Nantes sera le nouveau ministre des Affaires étrangères.

 Le retour en force des écologistes
C'est la grande prise de guerre de François Hollande. Malgré les menaces à peine cachées de son parti, Emmanuelle Cosse, patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, a accepté de prendre un portefeuille ministériel dans le gouvernement Valls. Et pas n'importe lequel : le Logement, précisément celui que Cécile Duflot avait quitté lors de son divorce avec François Hollande. Du reste, Emmanuelle Cosse a anticipé la colère de son parti. Dans une lettre aux militants d'EELV, elle annonce qu'elle se met "en retrait" de la formation politique.

Mais ce n'est pas tout. Le remaniement fait entrer deux autres écologistes qui avaient pris leurs distances avec l'aile gauche d'EELV. La députée Barbara Pompili, qui devient secrétaire d'Etat à la Biodiversité, et le sénateur Jean-Vincent Placé (démissionnaire d'EELV), qui sera chargé de la réforme de l'Etat.

Concernant les alliés du PS, notons aussi l'arrivée du radical Jean-Michel Baylet, qui devient ministre de l'Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales. Parmi les autres arrivées : Audrey Azoulay, conseillère de François Hollande aux affaires culturelles, remplace Fleur Pellerin à la Culture.

 Le retour de la parité
Mise à mal par les derniers mouvements au sein du gouvernement, la parité fait son retour, avec l'arrivée de plusieurs femmes. Elles seront précisément 19 sur 38 ministres. Outre le portefeuille agrandi de Laurence Rossignol, qui passe d'un secrétariat d'Etat à un grand ministère de la Famille et des droits des femmes, on retient les entrées suivantes : la députée de La Réunion Ericka Bareigts, qui devient secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité réelle, la députée du Rhône Hélène Geoffroy, qui obtient le secrétariat d'Etat à la Ville, à la Jeunesse et aux Sports, et la députée PS de Seine-Maritime Estelle Grelier, nouvelle secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales. Annick Girardin, qui était secrétaire d'Etat au Développement, prend le portefeuille de la Fonction publique.

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