Les JMJ qui débutent lundi à Rio de Janeiro au Brésil, se veulent à l'image du nouveau pape François : simples, proches des fidèles, tournées vers la foi. Une nouvelle ère en somme après les rassemblements spectacles voulus par Jean-Paul II. Un exemple : la papamobile panoramique restera à Rome. Contrairement à ses deux prédécesseurs, François utilisera une jeep blanche Mercedes, celle qu'il utilise chaque semaine sur la place Saint-Pierre. Sur le chemin, il pourra donc saluer la foule, serrer les mains et se laisser aller aux effusions. Le pape, qui se présente comme "un pasteur des brebis", ne conçoit pas un déplacement loin des fidèles, un comportement qu’il avait déjà adopté lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires.

Le premier pape d’origine latino-américaine débarque lundi dans le pays qui compte le plus grand nombre de catholiques au monde (123 millions) avec deux objectifs : rapprocher les fidèles de l'Évangile et souligner le côté social de l'Église. Ainsi durant ses sept jours sur place, il visitera une favela, un hôpital pour soigner des toxicomanes et communiera avec les 1,5 million de jeunes pèlerins attendus sur place.

Un discours différent des évangélistes

Le reste de son emploi du temps sera occupé par les rendez-vous traditionnels des JMJ : fête d'accueil du pape, confessions d'une poignée de jeunes, repas avec quelques-uns, Chemin de croix, veillée de prière, veille d’adoration silencieuse et la grande messe finale. Mais le pape François pourrait rencontrer beaucoup de gens hors programme dans sa résidence de Sumaré : des prêtres, évêques et théologiens amis, ou certains qui ont une demande particulière à lui adresser.

Mais dans un pays marqué par la progression des évangélistes, il tentera également de proposer un discours différent. "Le discours évangélique est lié aux résultats, à la richesse, au succès, à l'église du bien-être" tandis que le pape défend les préceptes de Saint François d'Assise, le saint du XIIIe siècle dont il adopté le nom et qui a consacré sa vie aux pauvres, explique Ivan Esperança Rocha, historien et spécialiste en religions à l'Université de São Paulo interrogé par l'AFP.