Incident plus spectaculaire que grave survenu le 30 décembre vers 21h20 à l'aéroport parisien Roissy Charles-de-Gaulle : un avion de la compagnie espagnole AirEuropa en provenance de Valence, qui s'était posé sans difficulté apparente, a fait "une sortie de piste" pour une raison indéterminée, a-t-on appris dans la soirée auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis.
Une glissade en bout de piste...
Selon un porte-parole des sapeurs-pompiers, l'avion a "atterri normalement avant de s'embourber dans l'herbe en prenant sa voie de desserte". Le train avant semble s'être bloqué, a raconté un passager à iTélé, de sorte que l'appareil est parti de côté, finissant le nez quasiment contre le sol.
Aucune blessure n'est à déplorer a précisé la préfecture, en revanche les 162 passagers et membres d'équipage en ont été quitte pour une interminable attente. A minuit passé, ils n'avaient toujours pas été débarqués…
Détail qui ne manque pas de piquant alors qu'il est question d'une sortie de route, parmi les passagers de ce vol, l'AFP a recueilli le témoignage téléphonique de Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière.
"Rien de grave, nous sommes dans le gazon", a-t-elle dit rassurante, expliquant que l'avion avait "raté" son atterrissage. En fait, "l'atterrissage s'est passé normalement, a-t-elle précisé, l'avion freinait et puis on a senti que l'avion glissait".
Plus de temps sur la piste qu'en vol...
Le commandant de bord a invoqué un phénomène d'"aquaplaning", a ajouté Mme Perrichon. D'autres passagers racontent que, si tant est que lui-même ait été bien informé, l'équipage s'est montré chiche en explications, notamment sur les raisons de l'attente à bord.
L'avion totalement bloqué dans l'herbe boueuse, il s'agissait apparemment d'éviter que les engins susceptibles de le tracter ou d'évacuer les passagers ne s'embourbent eux-mêmes.
Selon les explications du pilote, toujours rapportées par Mme Perrichon, vers 23h45, les services de voirie de l'aéroport s'affairaient à installer des plaques métalliques autour de l'appareil afin de permettre aux véhicules d'évacuation d'approcher. D'autres passagers, furieux, ont affirmé suspicieux que la compagnie avait rechigné à déployer les toboggans d'urgence, par économie.
Basée aux Baléares, la compagnie AirEuropa fait partie de l'alliance aérienne Skyteam. En 1993, ce fut la première compagnie à rompre le monopole que détenait Iberia en Espagne. Elle dit disposer d’une flotte de 45 appareils, âgés en moyenne de trois ans, et avoir transporté neuf millions de passagers en 2009.
















