"Bosse pour tes allocs". C'est le slogan que les conservateurs britanniques ont lancé lundi à la face des chômeurs de longue durée. Le ministre des Finances, George Osborne, leur a en effet annoncé qu'à partir d'avril prochain, ils devront s'acquitter de travaux d'intérêt général s'ils veulent continuer à percevoir leurs allocations. Une mesure que le Premier ministre, David Cameron, envisageait depuis 2011 et qui rappelle, en France, la proposition de campagne faite par Nicolas Sarkozy en 2012 pour les bénéficiaires du RSA.

Dans le détail, la réforme concerne ceux qui n'ont pas retrouvé de travail après deux ans d'inscription au programme national de retour à l'emploi. Les quelque 200.000 personnes concernées chaque année feront face à trois alternatives : un tiers d'entre elles devront travailler 30 heures par semaine au nettoyage de graffitis, à l'aide aux personnes âgées ou encore dans une organisation caritative... Les autres devront se rendre chaque jour dans leur agence pour l'emploi. Enfin, ceux qui souffrent "de problème mentaux, d'alcoolisme ou d'illettrisme", recevront des formations intensives.

Des sanctions renforcées

"Personne n'aura plus rien sans rien", a résumé le ministre au cours de son annonce. Baptisé "aide à l'emploi", le programme doit coûter 360 millions d'euros, qui seront financés par des économies. Ironie de l'histoire, une partie de celles-ci seront générées par les sanctions renforcées en cas de manquement. Un chômeur qui refuserait deux fois de se plier à la nouvelle règle sera en effet privé de trois mois d'indemnités. Au ministère on admet même, un brin cynique, que le système sera d'autant plus économique qu'il
 devrait décourager une partie des bénéficiaires de réclamer leurs allocations, rapporte le Telegraph.

Avec ce nouveau durcissement de sa politique sociale, le gouvernement conservateur espère bien contrer l'extrême-droite, qui gagne du terrain à l'approche des législatives de 2015. Et les Tories n'attaquent pas au hasard : 
dans un royaume où le taux de chômage s'élève à 7,7%, l'opinion se montre majoritairement favorable à ce type de mesure. Mais la déclaration "d'amour sévère" aux sans-emploi, selon l'expression des conservateurs, n'a pas gagné le coeur de la gauche britannique. L'opposition estime en effet que ce système marque l'échec de la politique du gouvernement et qu'il n'aidera pas les intéressés. Et de dénoncer un système d'exploitation, où le travail des chômeurs sera payé autour de... deux euros de l'heure.