Son corps a été retrouvé vendredi dans une cour d'immeuble. Un jeune homme de 23 ans, a été assassiné dans la nuit de jeudi à vendredi à Volgograd, ville du sud de la Russie, parce qu'il était homosexuel, a expliqué le journal russe Novaya Gazeta. Un crime qui relance le débat sur l'homophobie dans un pays qui a voté en mars une loi condamnant à payer une amende toute personne commettant "un acte public de promotion de l'homosexualité à l'adresse de mineurs".

Des blessures sur les parties génitales

La victime présentait de nombreuses blessures sur le corps et notamment aux parties génitales. Un homme de 22 ans, présenté comme une connaissance de la victime, et un ancien détenu de 27 ans ont été arrêtés pour meurtre. Alors qu'ils buvaient tous les trois, les deux suspects ont tabassé le jeune homme après qu'il a admis être homosexuel, a expliqué l'un des enquêteurs.

Les sévices subis par la victime sont particulièrement atroces. Selon le site d'informations 360 Degrés, elle a été retrouvée nue, le crâne fracassé et trois bouteilles de bière auraient été introduites dans son rectum. Encore vue comme anormale par une majorité de Russes, l'homosexualité était interdite jusqu'en 1993 et officiellement considérée comme une maladie mentale jusqu'en 1999. Mais cette dépénalisation n'a pas pour autant changé les mentalités. Pour le militant des droits des homosexuels, Nikolai Alexeïev, la loi interdisant "la propagande homosexuelle" aurait engendré une multiplication des agressions homophobes en Russie.

Selon un sondage du centre Levada, organisation non-gouvernementale russe, publié en mars, la moitié des Russes se disent "dégoûtés ou effrayés" par les homosexuel, tandis que 18% sont "réservés" à leur égard. Pour 34%, l'homosexualité est une "maladie à soigner", pour 23% elle est le "résultat d'une mauvaise éducation", ou encore d'un "détournement" pour 17% des Russes interrogés.