"Enfants fatigués, réforme ratée." Pancartes sous le coude, des parents d'élèves ont profité d'une visite de Vincent Peillon ce lundi pour lui signifier tout le mal qu'ils pensent de ses nouveaux rythmes scolaires. Une réforme qui, près d'un mois après son lancement, chamboule toujours autant le monde enseignement.

Principale critique : la fatigue engendrée par le retour de la demi-journée de classe supplémentaire. Surtout pour les maternelles, qui n'ont plus le mercredi pour reprendre des forces. En outre, "le problème c'est la qualité des intervenants" qui prennent en charge les élèves après la classe pour les activités périscolaires, a expliqué l'une des manifestantes. "Les enfants, on les laisse à des personnes qui n'ont pas de qualification. La semaine dernière, deux personnes âgées qui faisaient l'activité en alsacien ont lâché l'affaire parce que c'était trop compliqué pour elles", a dénoncé cette mère d'élèves.

"On est allé trop vite. Il aurait fallu deux ans"

"Les inquiétudes, je ne les prends pas mal, elles doivent nous aider à nous améliorer" s'est défendu Vincent Peillon. "Au lieu d'avoir six heures de cours, on n'a plus que cinq heures ou cinq heures et quart, donc moins de temps fatigant"a ajouté le ministre, avant de marteler : "Cette réforme il faut la faire, en gardant toujours en ligne de mire l'intérêt des enfants". Pas sûr que cela suffise à convaincre les parents.

"Il faut des aménagements" assure à metronews Valérie Marty. Selon la présidente de la Fédération des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public (Peep), les parents d''élèves sont "très inquiets" après avoir essuyé durant un mois les plâtres d'une réforme aux multiples défauts : "Il ya des problèmes d'encadrants, des problèmes de sécurité, les enfants sont fatigués. Dans certaines maternelles, on réveille les enfants pour aller aux activités périscolaires. Ils sont désorientés, perdus." Si le besoin de réformer les rythmes ne fait aucun doute pour Valérie Marty, cette dernière regrette "qu'on soit allé trop vite. Il aurait fallu deux ans." Notamment pour éviter tout risque de récupération politique.

L'UMP demande un report de la réforme

Ces derniers jours, l'opposition s'est engouffrée dans les failles de la réforme : Jean-François Copé a relancé jeudi le débat sur le coût et réclamé "officiellement" un "report" des nouveaux rythmes, "intenable sur le plan financier". Réponse de Vincent Peillon : le président de l'UMP fait une "faute politique" et un "mauvais calcul", à six mois des municipales. Même rengaine ce lundi, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate (UMP) à la mairie de Paris lançant un site Internet qui propose aux parents d'élèves parisiens de cocher parmi une liste de problèmes potentiels liés à la réforme.

"C'est un sujet trop sérieux pour être récupéré politiquement" s'inquiète Valérie Marty. Surtout que, comme le rappelle la patronne de la Peep, "il y avait un consensus sur cette réforme. Luc Chatel (ndlr : ministre de l’Education en 2011) s'y était lui-même engagé."