Le point d'indice, c'est quoi ?
Il sert à calculer le traitement de base des fonctionnaires (hors les diverses indemnités ou primes dont ils peuvent bénéficier). Concrètement - et schématiquement -, pour établir la paie des plus de 5 millions d’agents employés par l’Etat, les collectivités locales et les hôpitaux, on multiplie la valeur du point d'indice, 4,63 euros aujourd'hui, par l"indice majoré" qui correspond au grade et au corps auquel appartient l'agent. Celui-ci peut aller d'un peu plus de 300 à plus de 800 points. Par exemple si l'on regarde la grille indiciaire d'un tout jeune agent de police municipale de catégorie C, l'échelon 1 correspond à un indice majoré de 323 points. Sa rémunération de base est donc de 323 x 4,63, soit 1495,5 euros bruts mensuels. Au bout de quelques années, lorsqu'il aura, mettons, atteint l'échelon 10 auquel correspond un indice majoré de 368, son salaire s'élèvera à près de 1704 euros (368 X 4,63).

Pourquoi n'avait-il pas été revu à la hausse depuis 2010 ?
Au grand dam des syndicats, les revalorisations régulières du point d'indice (il y en avait eu 7 entre 2006 et 2010, de 4,50 euros à 4,63 euros) avaient pris fin il y a six ans sous le gouvernement Fillon, et n'avaient pas repris depuis : ne pas augmenter le point d'indice, et donc ne pas procéder à une augmentation générale des salaires des fonctionnaires - même si ceux-ci peuvent évoluer à la hausse avec l'ancienneté ou les promotions -, c'est limiter leur poids salarial et faire de sérieuses économies. Une stagnation qui se traduit par une perte de pouvoir d'achat pour les principaux intéressés puisque l'inflation, elle, n'est jamais gelée... Force ouvrière est allée jusqu'à chiffrer cette perte à moins 8% depuis la dernière évolution du point d'indice. De son côté, la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, a estimé que le gel de celui-ci avait au total permis à l'Etat d'économiser "7 milliards d'euros".

De combien va-t-il être augmenté ?
Annick Girardin, qui avait un rendez-vous salarial avec les syndicats jeudi, leur a d'abord proposé une revalorisation de 1% en deux temps, 0,5% le 1er novembre et la même chose au 1er mars 2017. Mais alors que Manuel Valls avait annoncé mardi un  "geste significatif", les syndicats ont aussitôt jugé cette offre "inacceptable". Le gouvernement a donc légèrement revu sa copie pour faire une offre "ultime" : 1,2%, toujours en deux fois avec + 0,6% au 1er juillet et + 0,6 % au 1er février 2017. Une mesure qui représente un coût de 2,4 milliards d'euros. De quoi donner du grain à moudre à la droite qui avait commencé dès mercredi, avec l'ancien ministre du Budget Eric Woerth, à dénoncer une augmentation "infinançable".

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