"Patrick est celui à qui je dois plus qu’à tout autre". Cette déclaration est celle de Nicolas Sarkozy prononcée le 24 septembre 2007 lorsque l'ancien Président a remis la Légion d'honneur à Patrick Buisson. A l'heure où la presse feuilletonne le nouveau Sarkoleaks, en publiant les enregistrements privés de Patrick Buisson, le sentiment de Nicolas Sarkozy pourrait bien appartenir au passé. Mais qui est cet homme, toujours discret, toujours dans l'ombre ? Portrait.

Les Buisson, c'est d'abord une famille baignée dans l'extrême droite. Avec un père ingénieur chez EDF et membre aux Camelots du roi, une organisation rattachée à Action française, Patrick Buisson grandit dans un milieu où l'on admire Charles Maurras, en même temps que l'on exècre les communistes. Etudiant en histoire à la faculté de Nanterre, il s'engage à la Fédération nationale des étudiants de France (proche d'Occident, une mouvance d'extrême droite) et ne cesse de militer pour une Algérie française.

Accusé d'avoir espionné Minute à l'aide de micros

Cohérent avec ses idées, Patrick Buisson rejoint le journal d'extrême droite Minute en 1981 avant d'en diriger la rédaction en 1986. Des années où le jeune journaliste va élargir son réseau politique et s'acharner contre les socialistes au pouvoir. Etrange coïncidence avec l'actualité, Patrick Buisson était déjà accusé le 6 mai 1987 d'avoir fait poser, pour servir Le Pen, un micro espion dans le bureau du nouveau propriétaire du journal. Après avoir été séquestré par trois rédacteurs en chef, il est évincé de l'hebdomadaire.

Très proche de l'extrême droite et de ses éléments les moins fréquentables, Patrick Buisson décline toutefois l'offre de Jean-Marie Le Pen. Le Président du FN le voyait bien devenir député frontiste. Le plus grand souhait de Patrick Buisson ? Réaliser "le compromis des nationalistes" en rassemblant le FN, le RPR et l'UDF grâce notamment à son "guide de l'opposition" publié en 1986. Il faut attendre 1990 pour que Patrick Buisson se lance dans le grand bain, celui de la politique. Toujours dans l'ombre, il conseille notamment Philippe de Villiers qu'il pousse à s'allier avec Le Pen.

De LCI à la chaîne Histoire en passant par Sarkozy

Après 10 années passées sur la chaîne d'information LCI, il rejoint le cercle de Nicolas Sarkozy et n'oublie pas d'y laisser sa trace. Ministère de l'Identité nationale et de l'immigration, travail, morale, patriotisme, Patrick Buisson parvient à mettre en œuvre sa vision politique grâce à l'ancien chef d'Etat. Proche, mais indépendant, Patrick Buisson refuse de rejoindre le cercle élyséen officiel. Féru d'Histoire, il est aidé par Laurent Solly, ex-chef de cabinet de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, alors PDG des chaînes thématiques de TF1, à prendre la direction de la chaîne Histoire en 2007.

Depuis l'échec de Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle, Patrick Buisson a beau être discret, il fait souvent parler de lui. Empêtré dans l'affaire dites des sondages de l'Elysée, cet homme militait encore pour le retour de Nicolas Sarkozy. Et conseillait jusqu'à récemment Jean-François Copé, selon le journal Le Monde. Ses enregistrements privés risquent, assurément, de faire fuir bon nombre de ses discrets contacts. Et de maintenir sur lui, les projecteurs médiatiques.