Le champion du nucléaire français a du plomb dans l'aile. Areva, en 2015, a enregistré 2 milliards d'euros de pertes, 5 milliards de dettes et se prépare à quelque 6.000 licenciements, dont 2.700 en France. Dans ce contexte plutôt compliqué, et en plein débat sur l'après-nucléaire, les Jeunes écologistes ont décidé de sauver Areva en organisant, ce vendredi 11, un "grand crowdfunding".

Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, tout ceci est bien évidemment de l'ordre de la parodie. Pas question de récolter réellement les 300 milliards euros réclamés sur le site "Sauvons-Areva" pour venir en aide au géant du nucléaire. Pour les écolos, qui souhaitent la sortie du nucléaire en France, c'est plutôt l'occasion de moquer les défenseurs de cette énergie présentée comme "sûre et propre".

Cinq ans après Fukushima

Dans un communiqué, les Jeunes écologistes expliquent qu'ils ont "décidé de faire preuve de solidarité et d’organiser une campagne de crowdfunding pour soutenir, voire peut-être sauver Areva [...) Et comme de toute façon ce sont les français-es qui devront payer la facture, pourquoi ne pas prendre les devants ?" font-ils mine de questionner, cinq ans jour pour jour après la catastrophe de Fukushima.

Derrière tant d'ironie, les militants écologistes dénoncent les choix politiques visant à pérenniser la filière. "Quand nos centrales auront vieilli, il faudra songer à en reconstruire de nouvelles", expliquent-ils, toujours sur le ton de l'humour. "Et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. Nous sommes d’ailleurs à la recherche de villes ou villages, près d’une rivière ou de la mer, pas trop regardants sur la santé publique, prêts à accueillir nos nouvelles centrales. Envoyez vos candidatures !" On ne s'ennuie pas, chez les Jeunes écologistes…

À LIRE AUSSI
>> PHOTOS – Fukushima : les quinze jours qui ont fait vaciller le Japon
>> 
Cafouillage au gouvernement : la fermeture de Fessenheim, c'est pour quand ?
>> 
EDF dans la tourmente après une nouvelle controverse sur le réacteur EPR