Après des mois d'enquête préliminaire, la justice a décidé d'ouvrir, le 19 février dernier, une information judiciaire pour "tromperie aggravée" sur le vaste système de trucage des contrôles antipollution. Le parquet de Paris estime que la marchandise est susceptible d'être dangereuse pour la santé ou l'environnement.

Une tromperie pointée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dont les conclusions des investigations, transmises au procureur de la République, mettent en évidence "le caractère intentionnel de la fraude" et "confirment la tromperie sur les véhicules commercialisés en France", Nathalie Homobono, directrice générale de l'administration.

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Constitution de partie civile pour les propriétaires mécontents

Un nouveau coup dur pour le géant allemand de l'automobile, déjà empêtré dans un scandale retentissant aux Etats-Unis. Ce sont "potentiellement des centaines voire des milliers de propriétaires (qui) vont pouvoir se constituer parties civiles dans cette affaire", s'est réjoui Me François Lafforgue, qui représente une soixantaine de plaignants, interrogé par l'AFP. Il s'est dit aussi satisfait que la Répression des fraudes "confirme en tout point ce que nous avions dénoncé".

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Pour l'avocat Me Frédérik Canoy, qui défend 300 propriétaires, l'ouverture de cette instruction va "peut-être faire évoluer les choses". "Jusqu'à présent, Volkswagen a reconnu sa faute, mais personne n'a été indemnisé et les promesses de rappel de véhicules n'ont pas été suivies d'effet", a-t-il expliqué à l'AFP. Même des voitures haut de gamme, comme des Porsche, ont été équipées avec le logiciel défectueux, selon lui.

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Un million de diesels vendus récemment en France

Déstabilisé par des révélations aux Etats-Unis, le géant de l'automobile avait finalement reconnu en septembre dernier avoir installé un logiciel dans les moteurs diesel de 11 millions de véhicules dans le monde, capable de détecter les tests aux émissions polluantes et d'en fausser le résultat. Le but: faire croire que la voiture était plus écolo qu'elle ne l'était.

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En France, ce sont près d'un million de véhicules diesel vendus ces dernières années, de marques Volkswagen, Audi, Skoda et Seat, qui ont été équipés du logiciel truqué, selon la filiale française du groupe allemand.