L'inventivité des terroristes inquiète Washington. L'administration de Barack Obama a lancé jeudi un appel à la vigilance dans les aéroports européens et proche-orientaux face aux risques de bombes de plus en plus sophistiquées et indétectables. Des "nouvelles menaces" terroristes prises très au sérieux par le Royaume-Uni et la Belgique, qui ont annoncé jeudi le renforcement de leur dispositif de sécurité.

Interrogé, le Premier ministre britannique David Cameron s'est montré évasif, évoquant seulement "des éléments à notre disposition dans le cadre d'une coopération avec nos partenaires". Bruxelles a été plus spécifique en évoquant une surveillance accrue "du matériel électronique, des tablettes, ordinateurs et téléphones portables pour s'assurer qu'il n'y ait pas de substance explosive". Ou plus exactement, des "Artfully Concealed Devices" (ADL), ces mini explosifs artisanaux et difficilement détectables, devenus le cauchemar des transporteurs aériens.

Implantation à l'intérieur de corps humains

Le 22 décembre 2001, le Britannique Richard Reid avait par exemple tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en activant une bombe cachée dans ses chaussures piégées. Trois ans après, les services britanniques déjouaient un complot visant à faire exploser en vol sept avions à l'aide de "bombes liquides" dissimulées dans des boissons énergisantes. Enfin, en 2011, des cartouches d'encre piégées ont été découvertes à l'aéroport britannique des East-Midlands et à Dubaï, dans des avions-cargos à destination des Etats-Unis.

Les appareils avaient décollés du Yémen, fief d'Ibrahim al-Asiri, dit Abou Saleh. Ce Saoudien de 32 ans n'est autre que l'artificier en chef d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Celui-ci échappe depuis des années aux tirs de drones américains. Sa spécialité ? Une substance à base de Tétranitrate de pentaérythritol (PETN), un mélange quasiment impossible à détecter. Munies d'un détonateur chimique, ses bombes ne contiennent en effet aucune pièce de métal et peuvent donc passer sans encombre la quasi-totalité des contrôles aéroportuaires. Une menace prise très au sérieux par Washington : selon un rapport confidentiel des services de renseignement, Abou Saleh aurait tenté de mettre au point l'implantation de ses engins explosifs à l'intérieur de corps humains.