Il n'y aura peut-être jamais de procès dans l'affaire des séquestrées de Cleveland. Près de trois mois après son arrestation, Ariel Castro, qui retenait chez lui captives trois jeunes femmes depuis plusieurs années, a passé un accord avec l'accusation qui lui permettrait de ne pas comparaître devant un tribunal et éviterait aux victimes de témoigner.

Cet accord, qui pour s'appliquer doit encore être validé par le juge, prévoit que l'accusé purge une peine de prison à vie, sans possibilité de libération anticipée, à laquelle s'ajoute, au regard des faits qui lui sont reprochés, une peine de prison minimum de 1 000 ans.

937 chefs d'inculpation conservés dans l'accord

Cet accord exclut de fait la peine de mort à laquelle cet ancien chauffeur de bus de 53 ans pourrait être condamné, s'il était reconnu coupable de meurtre aggravé pour avoir mis fin prématurément à la grossesse de l'une de ses victimes en la battant et en l'affamant.

Au total, 977 chefs d'accusation ont été retenus contre l'accusé, qui a enlevé, séquestré, violé et battu trois jeunes femmes pendant une dizaine d'années. Dans l'accord présenté par les parties, 937 chefs d'inculpation sont conservés.

Au tribunal ce vendredi, le juge a tenu à s'assurer qu''Ariel Castro mesurait bien les conséquences d'un tel accord". "En vertu de la loi, un prisonnier condamné à une peine de prison sans possibilité de libération anticipée (...) restera en prison jusqu'à sa mort. Comprenez-vous cela ?", lui a ainsi demandé le magistrat. "Oui, votre honneur", lui a répondu Ariel Castro. Le juge d'insister : "pensez-vous qu'il y ait une quelconque raison, un espoir, que vous sortiez de prison avant votre mort ?" Réponse : "Je ne le pense pas". Une dernière fois : "vous ne sortirez pas, est-ce bien clair ?" "Oui", assure l'accusé.