Le premier ministre a demandé samedi 8 juin au ministre de l'intérieur, Manuel Valls, "d'engager immédiatement" une procédure en vue de la dissolution du groupuscule d'extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), après la mort de Clément Méric. Cette demande se fonde également sur la base d'éléments antérieurs et "plus larges" que la seule rixe au cours de laquelle le garçon est mort mercredi.

Que vous inspire la décision du gouvernement ?
On peut reprocher ce que l'on veut aux JNR, mais dire qu'ils sont impliqués dans la mort de Clément Méric, c'est faux. J'ai été entendu par la police, ils n'ont pas cité une seule fois les JNR. Le gouvernement veut justifier une erreur qu'il a commise. Ils ont cru qu'un meurtre avait été perpétré par une bande de fascistes, et ils ont tout de suite visé les JNR. Ils sont allés trop vite.

Le gouvernement se fonde aussi sur la base d'"incidents" plus anciens...
Ni Troisième Voie ni les JNR n'ont participé à la manif pour tous. Nous n'avons jamais eu aucun problème sur le terrain. Au contraire, lors d'une récente manifestation, nous nous sommes même interposés entre des nationalistes et des CRS pour éviter les incidents. On fait un travail de service d'ordre. Nous n'avons jamais eu de problème quand on demandait d'organiser une manifestation à la préfecture : jamais un mot plus haut que l'autre, jamais un tract par terre, jamais d'incidents. Ce sont des manifs pépères... Il n'y a rien à nous reprocher. Nous ne violons aucun des articles du code de la sécurité intérieure L212-1 que cite Manuel Valls. Juridiquement, ses arguments ne tiennent pas.

Peut-il dissoudre les JNR ?
On ne peut pas dissoudre ce qui n'existe pas, pour une action qu'ils n'ont pas commise. Légalement, c'est impossible de dissoudre les JNR. Ils n'ont pas de statuts juridiques. Le gouvernement ne peut rien faire. On est une bande d'amis d'une trentaine de personnes ! Quand on s'est connu on était jeunes. Maintenant on a 40 ans, on a rien à voir avec des gamins de 20 ans comme Esteban (l'auteur présumé du coup fatal porté à Clément Méric, ndlr). C'est ridicule de vouloir dissoudre une bande d'amis !