Eh non ! Comme vient de le publier une équipe de chercheurs dans la revue britannique Nature, les autres planètes du système solaire n'ont pas le monopole des super volcans : la Terre a aussi les siens. Certes, le massif Tamu ne joue pas tout à fait dans la même catégorie que l'Olympus Mons, ce monstre martien culminant à 21 229 m de hauteur sur Mars. Mais avec ses 650 kilomètres de long pour 450 kilomètres de large, il explose de loin le précédent record du Mauna Loa d'Hawaï, le plus grand volcan actif du monde : celui-ci ne représente même pas 15 % de la superficie du nouveau venu.

Caché depuis plus de 140 millions d'années à 1500 kilomètres à l'est des côtes japonaises, le Tamu est en effet d'une superficie comparable à celle des îles britanniques. Intégré dans une chaîne de montagnes sous-marines baptisée Shatsky Rise, dont le sommet culmine à 3,5 kilomètre sous la surface des flots, il est heureusement inactif… mais pas dénué d'intérêt pour autant. "Cela démontre que nous avons, sur Terre, des volcans analogues à ceux que l'on trouve sur la planète rouge, or personne n'était prêt à le parier avant cette découverte" commente William Sager, géologue marin à l'université de Houston, au Texas.

Ce super volcan n'est peut-être pas le seul

Jusqu'à aujourd'hui, en effet, le massif Tamu n'était considéré par les scientifiques que comme l'un des trois sommets d'une chaîne de montagnes sous-marines potentiellement constituée de plusieurs volcans. Autrement dit : un "mégavolcan", du même tonneau que ceux qui ont, dans le passé, formé l'Islande ou l'archipel d'Hawaï. Or, des analyses effectuées au pied de la structure viennent de rétablir la vérité : c'est toute la formation géologique dans son ensemble qui ne forme qu'un seul et unique volcan.

Une conclusion née d'une simple expérience : en provoquant de mini séismes au pied de la formation rocheuse et en étudiant la propagation des ondes dans le sol, l'équipe de William Sager a découvert que toute la lave de ce bouclier rocheux provenait d'une source centrale, et non de plusieurs cheminées.

"Quel que soit le sens dans lequel on interprète les résultats, une conclusion s'impose : l'énorme quantité de lave en provenance du manteau de la Terre qui a formé le massif Tamu en se solidifiant couche par couche vient bien d'une source unique, située au centre de cette chose" résume William Sager. "Ce sera très instructif pour étudier la composition du magma terrestre. Et il se peut bien qu'il existe d'autres super volcans encore plus grands dissimulés sous l'océan". La chasse est ouverte.