Les révélations d'Edward Snowden ne sont donc pas terminées. Jeudi, le Wahsington Post révèle comment les satellites ont participé à la traque d'Oussama Ben Laden et détaille le budget du renseignement américain. Deux nouvelles informations, fournies par l'ancien membre de la NSA, trois mois après les renseignements, classés top-secrets, sur la captation des métadonnées des appels téléphoniques et les systèmes d'écoute sur Internet.

16 agences, 107 035 employés et 55 milliards de dollars
Ces nouveaux documents détaillent le « budget noir » des 16 agences de renseignement américains qui emploient 107 035. Une première qui permet de comprendre la répartition des ressources au sein des services secrets, dont le budget total était de 55 milliards dollars en 2012. La puissante CIA, et ses plus de 21 000 employés, demande à elle seule 14,7 milliards de dollars. Suivent ensuite l'Agence de Sécurité Nationale (NSA) avec 10,8 milliards et le National Reconnaissance Office (NRO) avec 10,3 milliards.
Au total, le document illustre le doublement du budget total du renseignement depuis les attentats du 11 septembre 2001, avec une facture estimée à plus de 500 milliards de dollars.

Ben Laden surveillé par... les satellites
Plus que leurs besoins financiers, ils révèlent aussi le rôle de ces différentes agences dans la capture du chef d'al-Qaïda, tué lors d'une opération commando à Abbotabad, au Pakistan le 1er mai 2011. Ainsi, on apprend que les satellites espions du National Reconnaissance Office (NRO) ont réalisé "387 collectes" d'images haute-résolution et infrarouge de la résidence de Ben Laden, un mois avant le raid.
Lors de cette opération, les Navy Seals avaient mis la main sur des documents et disques durs dont l'analyse a coûté près de 2,5 millions de dollars.

Les "trous" du renseignement américain
Le budget évalue aussi les "trous" du renseignement américain, ces dossiers où les Etats-Unis reconnaissent manquer d'informations. En tête, figure la Corée du Nord surveillée "en permanence" via photos, échantillons d'air et imagerie infrarouge pour détecter l'activité nucléaire du régime communiste.

Un compte-rendu annuel sur les activités de surveillance
Ces révélations n'ont pas manqué de faire réagir le patron renseignement américain. James Clapper s'est ainsi engagé à publier un compte-rendu annuel "général" des activités de surveillances électroniques". Il devrait notamment contenir le nombre de personnes surveillées ainsi que le "nombre de cibles affectées par ces ordres".