Pour l’exécutif, le mot d’ordre de la conférence avec les partenaires sociaux lancée ce lundi est une"méthode nouvelle". Ce sont les mots du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui veut insister sur la place centrale accordée dans le débat social aux organisations syndicales et patronales, un changement selon lui par rapport au précédent quinquennat.
Cette grand-messe, prévue sur deux jours au siège du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), a été saluée par les partenaires sociaux. François Hollande est arrivé ce lundi matin à 8H30, accueilli par le président du CESE Jean-Paul Delevoye, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du Travail Michel Sapin. De nombreux ministres étaient également présents, notamment Marisol Touraine (Affaires sociales), Pierre Moscovici (Economie), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Benoît Hamon (Economie solidaire), Najat Vallaud-Belkacem (Droits des femmes).
Du coté des syndicats, on veut du concret...
Le président de la République devait rencontrer les leaders des organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC-CFE) et des patronales (Medef, CGPME, UPA) pour évoquer l'amélioration du dialogue social et son inscription dans la Constitution. Il lancera ensuite la conférence avec un discours devant les quelque 300 personnes invitées.
Bernard Thibault, de la CGT, a indiqué aborder cette conférence "de manière offensive", souhaitant des "mesures concrètes", "des décisions immédiates" face aux "situations d'urgence". "Nous ne serons pas là que pour discuter d'une méthode et caler un agenda", a prévenu le responsable de la CGT sur RTL. Lors de ce rendez-vous, qui doit ériger le compromis en méthode du dialogue social, "on ne doit pas s'en tenir aux vieilles recettes", a estimé M. Thibault, revendiquant notamment "un Etat stratège en matière industrielle".
Le secrétaire général de la CGT a aussi plaidé pour une redéfinition du licenciement économique, alors que les syndicats voudraient pouvoir s'opposer à des plans sociaux lorsque les entreprises dégagent des profits. Parmi les sujets sur lesquels Bernard Thibault a dit souhaiter des décisions sans attendre, le leader de la CGT a cité la remise à plat des aides publiques aux entreprises après avoir étudié leur efficacité, l'indexation des minima de branches sur la hausse du Smic et des sanctions en cas de non-respect de l'égalité hommes-femmes dans les entreprises.
...comme "durcir les conditions des plans sociaux"
Pour la CFDT, François Chérèque a souhaité que ces deux jours permettent "de faire un beau programme pour changer les choses". Il a aussi demandé "des mesures d'urgence pour aider les plus en difficultés". Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, s'est dit prêt à discuter d'un projet de loi sur les reprises d'entreprises, suggérant de "durcir les conditions des plans sociaux quand les entreprises peuvent payer".
Les patrons s'attendent à une "catastrophe" pour la rentrée
De l’autre côté de l’échiquier social, la présidente du Medef Laurence Parisot a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d'"améliorer le fonctionnement du travail", soulignant que "les entreprises sont fragilisées". Elle a aussi mis en garde contre la dégradation de la compétitivité des entreprises, estimant qu'une "catastrophe" les attend à la rentrée, et réclame un allégement de leurs charges. Le chef de l'Etat s'est dit dimanche confiant dans le succès de la rencontre pour trouver "le bon équilibre entre efficacité, compétitivité et la solidarité et la justice sociale".
Le rendez-vous se décline en sept tables rondes, lundi après-midi et mardi matin, portant sur l'emploi, le service public, les retraites, le redressement économique, l'égalité hommes/femmes, les salaires, la formation.
















