Vendredi 23 août à La Rochelle, où se tient la traditionnelle université d'été du Parti socialiste, son Premier secrétaire Harlem Désir a appelé les cadres et militants à "se mettre en ordre de bataille" dans la perspective des prochaines échéances électorales et à ne pas sombrer dans "l'auto-flagellation" alors qu'à gauche même, se sont élevées des critiques contre tel ou tel aspect de l'action gouvernementale. Vu du dernier sondage estival, il y aurait cependant matière à s'inquiéter pour le PS que les Français jugent de plus en plus sourd à leurs inquiétudes.

Plus bas encore que lorsque le parti se déchirait publiquement

Selon une enquête Ifop réalisée durant la première dizaine d'août, mais dont les résultats détaillés ne paraîtront que ce dimanche dans Ouest France, à peine 30% des personnes interrogées estiment que le Parti socialiste "est proche des préoccupations des Français". C'est bien peu, a fortiori si l'on compare aux 55% de sondés qui partageaient cette idée un an plus tôt.

Il faut remonter en 2009 pour trouver si piètre performance du PS dans les études d'opinion. Même en novembre 2008, lorsque la direction du parti se déchirait au congrès de Reims, ils étaient encore 45% à juger la formation proche de leurs préoccupations. Auprès des sympathisants déclarés du parti, ce n'est pas la bérézina, mais le recul est tout de même marqué d'une année sur l'autre, de 89% à 78%.

"Alors que son image était en amélioration constante depuis 2009 et que les effets néfastes du congrès de Reims avaient progressivement été effacés, ce mouvement de reconquête de l'opinion subit ainsi un véritable coup d'arrêt plus d'une année après l'élection de François Hollande", souligne Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'institut de sondage.

Pas de projets, pas de bons dirigeants...

Et la tendance se confirme tous azimuts. A l'une des autres questions posées par l'Ifop, le PS a-t-il "un projet pour la France ?", la dégringolade est tout aussi spectaculaire avec 72% des sondés qui répondent plutôt non, contre 53% en août 2012, trois mois seulement après l'accession de François Hollande et Jean-Marc Ayrault aux commandes.

Pire encore pour les ténors du PS, cette enquête révèle une nette désaffection vis-à-vis des dirigeants de la formation. Ils ne sont en effet que 24% à les juger "de qualité" contre 76% à penser le contraire. Sans surprise, les sympathisants s'avèrent moins sévères, mais le recul de près de vingt points des opinions favorables n'est pas anodin. De 85% de convaincus par la direction du parti en août 2012 à 67%.

Dernier point : les divergences de vues entre certaines figures socialistes et la ligne gouvernementale n'ont apparemment pas échappé aux Français qui sont à 44% plutôt d'accord avec l'idée que le parti "soutient suffisamment le gouvernement" contre 67% il y a un an. Les sympathisants en sont un peu plus convaincus, mais moins qu'avant, de 83 à 70%.