Voici enfin un sondage qui va rassurer un peu la droite. Notre étude OpinionWay sur les intentions de vote lors des élections départementales des 22 et 29 mars vient nuancer la suprématie affichée depuis plusieurs semaines par le Front national, à deux semaines du scrutin. Si le parti de Marine Le Pen affiche toujours un score vertigineux (28%, soit le fameux socle d'un tiers des électeurs favorables au FN), c'est surtout la droite qui reprend quelques couleurs.

Ainsi, 29% des électeurs indiquent qu'ils s'apprêtent à voter pour les candidats d'alliance UMP-UDI-divers droite, un point de plus que le FN. En ajoutant les autres candidats indépendants, susceptibles de se rallier à l'UMP au second tour, la droite atteint 35 % des intentions de vote. Une bonne nouvelle pour le parti de Nicolas Sarkozy, qui faisait relativement pâle figure dans les sondages et, au mieux, égalisait avec le FN. "Savoir qui est en tête, de l'UMP et du FN, reste difficile à manier", nuance toutefois Bruno Jeanbart, directeur général adjoint chez OpinionWay. "Dans de nombreux cantons, l'UMP n'est pas représentée, et le candidat divers droite est celui de toute la droite." Il n'empêche. Dans de précédentes enquêtes, l'UMP et ses alliés n'excédaient pas 25% des intentions de vote.

EELV à 2% lorsqu'il est autonome

A gauche, en revanche, la situation ne semble pas s'améliorer. Certes, le cumul des voix atteint le même score que l'UMP, soit 35 %. Mais ce serait oublier que les listes de gauche partent fortement désunies, avec de nombreuses alliances entre écologistes et Front de gauche au détriment du Parti socialiste. Pris séparément, le PS n'excède pas 21% des intentions de vote, un score conforme aux précédentes études.

En outre, les listes Europe Ecologie-Les Verts, à 2%, semblent s'exposer à des résultats catastrophiques lors du scrutin de mars, derrière le Front de gauche (7%). Un résultat qui ne tient cependant compte que des listes autonomes, soit 1 canton sur 5, les écologistes ayant par ailleurs noué de nombreuses alliances à gauche. En outre, leur faible score tient au nombre très limité de candidats qu'ils présentent. A l'arrivée, leur nombre d'élus dépendra surtout de la qualité de leurs alliances politiques.

1 électeur sur 4 n'exprime aucune intention de vote

Quoiqu'il en soit, conclut Bruno Jeanbart, "il faudra en moyenne atteindre 25% des voix dans ce scrutin pour atteindre le second tour. Cela pourrait avoir un effet dévastateur pour la gauche."

Notre sondage confirme enfin le faible engouement des Français pour ces élections : l'abstention est estimée à 56%, un résultat quasiment identique aux dernières élections cantonales de 2011. Ce qui ménage de nombreuses inconnues, d'autant qu'un quart des sondés n'expriment, pour l'heure, aucune intention de vote.

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