François Hollande écope d'une bien mauvaise note en ce début des grandes vacances. En perdant à nouveau 3 points de popularité en juillet, le chef de l'Etat tombe à son plus bas niveau jamais atteint dans notre baromètre CLAI-Metronews-LCI réalisé par OpinionWay : 23% seulement de popularité. Un matelas bien peu confortable avant d'aborder une rentrée qui s'annonce explosive avec la réforme des retraites, ultrasensible à gauche.

Signe alarmant pour le Président, c'est auprès de cet électorat que sa chute est la plus forte. Il perd en effet six points auprès des sympathisants du Front de gauche (à 28% de satisfaits) et trois chez les écologistes (à 38%). "Ce rétrécissement très fort du soutien des électeurs non socialistes est un vrai danger car il ne peut qu'encourager ceux qui, à gauche et même au sein du PS, contestent l'action du chef de l'Etat", prévient Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay.

"L'effet Batho" en question

François Hollande, dont le manque d'autorité est justement un point faible dans les enquêtes d'opinion, profitera-t-il de l'éviction de Delphine Batho pour améliorer ce trait d'image ? Plus d'un Français sur trois (36%) estime que le limogeage express de la ministre de l'Ecologie, sanctionnée pour ne pas avoir mâché ses mots sur le budget, représente un changement dans la manière dont il gouverne. Le chiffre grimpe même à 60% chez les sympathisants de gauche.

Mais Bruno Jeanbart ne croit pas à des effets durables, "ni dans un sens, ni dans un autre". "Cela aurait été un vrai sujet politique si les Verts avaient claqué la porte du gouvernement, mais là cela reste un phénomène isolé, d'autant que Delphine Batho est une personnalité peu connue", estime-t-il. Pour le sondeur, cet acte d'autorité n'aura d'effet que s'il est suivi par d'autres sur l'image du chef de l'Etat. François Hollande va peut-être à nouveau devoir taper du poing sur la table à la rentrée.