C'est la conséquence directe du Gayetgate. Si les Français apparaissent respectueux de l'intimité du président de la République, jugeant l'affaire de sa relation présumée avec la comédienne Julie Gayet comme relevant de la sphère privée, la question du statut de la première dame interroge.

L'absence de texte définissant ce statut, le rendant de fait inexistant, n'empêche cependant pas l'épouse ou la compagne du chef de l'Etat d'être active. Missions caritatives ou humanitaires, engagement pour des grandes causes nationales, rôle diplomatique parfois... Sans en avoir le titre, la femme du président assume une représentation officielle. Une action qui a un coût, pris en charge par l'Etat. Valérie Trierweiler, qui a quitté l'Elysée depuis les révélations de Closer, devrait ainsi se rendre à Bombay, en Inde, dimanche afin de soutenir l'ONG Action contre la faim, a confirmé son entourage vendredi. Un voyage cependant aux frais des partenaires entreprises de l'ONG, a commenté vendredi, à BFMTV, la directrice d'Action contre la faim, Valérie Daher.

Une majorité de Français pour la suppression des moyens alloués au conjoint(e)

Dans un sondage BVA publié vendredi par Le Parisien-Aujourd'hui en France, 54% des Français préféreraient que les conjoint(e)s des présidents de la République ne jouent "plus aucun rôle" et n'aient plus de moyens alloués. 29% penchent pour que "soit créé un véritable statut". Enfin, 17% pensent que les choses peuvent rester en l'état. Des avis partagés dans des proportions quasi similaires que les personnes interrogées soient sympathisantes de gauche ou de droite.

Récemment des personnalités politiques sont allées dans le même sens. Le président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen, a ainsi dénoncé une pratique "surannée", qui doit "être bannie". Son homologue de l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a, pour sa part, jugé jeudi, dans le rendez-vous politique des Indés Radios, metronews et LCI, que les activités publiques du conjoint(e) du président de la République devaient être "limitées".

Bernadette Chirac : première des premières dames

Bien qu'en retrait, les premières dames ont pourtant généralement marqué les mandats des Présidents successifs dans l'esprit des Français. Au palmarès des épouses ou compagnes de chef de l'Etat les plus populaires, les Français interrogés dans le cadre du sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France ont placé Bernadette Chirac en tête, avec 46% d'opinions favorables. Elle est suivie par Danielle Mitterrand (40%), loin devant Carla Bruni-Sarkozy 28%, Yvonne de Gaulle 27%, Claude Pompidou 20%, Cecilia Attias (ex Sarkozy) 13%, Anne-Aymone Giscard d'Estaing 10% et Valérie Trierweiler 8%.

Dans ce classement en revanche, les différences sont nettes entre partisans de gauche et de droite. Si les premiers plébiscitent Danielle Mitterrand (77%), plaçant Bernadette Chirac en seconde position (32%), les sympathisants de droite ont été sensibles à l'action de Carla Bruni (47%), qu'ils placent juste derrière l'épouse de Jacques Chirac (57%).