Jusque là, elle avait le vent en poupe dans les sondages. Marine Le Pen enregistre une grosse déconvenue dans le baromètre metronews-Clai-LCI : avec une chute brutale de six points en novembre, elle retombe à 29% d'opinions positives.

La présidente du FN semble en effet faire les frais des polémiques liées aux récents dérapages racistes de militants et de plusieurs de ses candidats aux municipales, à propos de Christiane Taubira notamment. Marine Le Pen elle-même a semé le trouble fin octobre en brisant le moment d'unité nationale autour des otages d'Arlit, lorsqu'elle avait critiqué leurs barbes, leurs vêtements et leur attitude réservée à leur retour en France.

Le difficile équilibre entre dédiabolisation et provocation

"Cela montre les limites de la stratégie de dédiabolisation du Front National, analyse Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay. Celle-ci est compliquée car le FN a aussi besoin, assez régulièrement, de poser des actes de provocation".

Un exercice d'équilibriste pour Marine Le Pen. C'est d'ailleurs sans doute pour un éviter un nouvel accroc dans sa tentative de lifting du FN qu'elle s'est empressée lundi de rejeter toute responsabilité de son parti dans les incidents, "liés à l'extrême-droite" selon Manuel Valls, qui ont émaillé les cérémonies du 11 novembre.