Le remaniement aura fait long feu. La popularité de François Hollande touche le fond en mai dans le baromètre metronews-CLAI-LCI réalisé par OpinionWay. Le chef de l'Etat, continuant de subir le contre-coup des élections municipales - il avait déjà perdu deux points le mois dernier -, plonge à seulement 18% de Français satisfaits de son action (- 5 ). Un record : jamais celui qui vient de "fêter" ses deux ans à l'Elysée n'était passé sous la barre des 22% dans notre baromètre.

Son offensive médiatique de la semaine dernière, dans le JDD puis sur BFMTV, n'a donc eu aucun effet. Pire, elle a été contre-productive. "Sa phrase annonçant le 'retournement' économique a été très maladroite, juge Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay : quand bien même celui-ci serait effectif, il faudra attendre six-huit mois avant que les gens ne le ressentent. Cela renforce donc encore le sentiment d'un Président niant la réalité des difficultés des Français". Les chiffres du chômage publiés fin avril, marqués par une stabilisation mais toujours sans signe de baisse, n'auront rien arrangé.

Frappés par la rigueur

Mais c'est surtout la pilule du plan d'économies de 50 milliards que les Français semblent avoir du mal à avaler. La preuve, le nouveau Premier ministre Manuel Valls, qui s'est chargé d'annoncer la potion amère des coupes à réaliser d'ici à 2017, voit lui aussi sa cote s'effriter, à 43% de satisfaits (- 4). Et dans le classement des ministres, tous en baisse sans exception, ceux qui détiennent un porte-feuille économique sont les plus touchés : le tandem de Bercy, Arnaud Montebourg (35% de satisfaits, - 6) et Michel Sapin (29%, - 9), est à peine mieux noté que le ministre du Travail François Rebsamen (28%, - 10).

De très mauvais augure à deux semaines de l'échec annoncé des élections européennes. "Les aborder au plus bas de sa popularité est évidemment extrêmement dangereux pour François Hollande", note Bruno Jeanbart, évoquant le spectre d'un effondrement des listes PS. Comme en 1994, lorsque celles conduites par Michel Rocard étaient passées sous les 14,5%. Le politologue souligne que le socialiste n'est désormais soutenu que par 42% de ses électeurs du premier tour de 2012 (- 5). Là aussi, c'est un record.