En Syrie, les jours se suivent et se ressemblent. Alors que 150 personnes ont été tuées ce week-end lors des bombardements, la diplomatie continue. Aujourd’hui lundi, un nouveau train de sanctions contre la Syrie a été approuvé par les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles. Elle comprennent un gel des biens de la banque centrale syrienne en Europe et une interdiction du commerce de métaux précieux comme l'or réalisé par le pays De plus, un embargo sur les vols fret opérés par la Syrie, qui ne pourront donc plus atterrir sur le territoire européen, a été décrété.
Par ailleurs, sept nouvelles personnes vont être ajoutées à une liste de près de 150 personnes et organisations ou entreprises, dont les principaux membres du régime syrien, faisant l'objet d'interdictions de visa en Europe et de gels d'avoirs. Leurs noms seront publiés demain mardi.
Des mesures qui ne devraient pas beaucoup gêner Bashar-Al-Assad pour bombarder son peuple.
"Amorce de solution" pour l’évacuation des journalistes
Concernant l’évacuations de journalistes blessés dans le pilonnage par l’armée syrienne du quartier rebelle de Baba Amr, à Homs, dont Edith Bouvier du Figaro, ˝les négociations et les préparatifs sont en cours mais c'est extrêmement délicat et le processus peut se bloquer à tout moment", a affirmé un diplomate occidental en poste à Damas.
Le président Nicolas Sarkozy a affirmé quant à lui que "l'amorce d'une solution" était en train de s'esquisser pour évacuer les journalistes occidentaux bloqués à Homs. "Ce week-end, on n'avait aucune solution. La situation à Homs est extrêmement complexe, cette nuit nous avons l'amorce d'une solution", a-t-il déclaré sur la radio RTL. Mais "tant qu'ils ne seront pas à l'abri, je ne peux pas vous garantir cela, c'est extrêmement tendu", a-t-il ajouté.
Selon M. Sarkozy, "il faut que ces journalistes soient soignés, il faut qu'ils sortent" de Homs car il s'agit d'un "risque humanitaire de premier plan".
Le président a réaffirmé par ailleurs que la mort dans ce même bombardement de l'Américaine Marie Colvin, grand reporter du Sunday Times, et du Français Rémi Ochlik, photographe à l'agence IP3 Press, était un "assassinat".
"Quand l'armée syrienne tire à plusieurs reprises, à l'obus, sur un bâtiment dont ils savent pertinemment que c'est un centre de presse, ce n'est pas un dommage de guerre, c'est un assassinat, et ceux qui assassinent auront à rendre des comptes", a-t-il dit.
Le référendum "une sinistre mascarade"
Enfin, concernant le référendum sur une nouvelle Constitution qui s’est tenu hier sans que les bombardements soient interrompus, plusieurs ministres européens des Affaires étrangères, notamment français et britannique l’ont dénoncé :
"Quand on voit le président de la Chambre de l'assemblée nationale (syrienne) sourire en votant sur ce référendum", cela montre qu'il s'agit d'une "sinistre mascarade", a estimé le chef de la diplomatie française Alain Juppé, en arrivant à une réunion avec ses homologues de l'UE à Bruxelles.
"C'est indigne parce qu'en même temps des bombes sont en train de tomber sur Homs et sur d'autres villes", a-t-il jugé.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s'est montré aussi très critique.
"Le vote d'hier n'a trompé personne", a-t-il estimé. "Ouvrir des bureaux de vote tout en continuant à ouvrir le feu sur les civils, ce n'est pas crédible aux yeux du monde", a ajouté le ministre.
















