Après avoir été accusé de décapitations, persécutions et crucifixions, l'Etat islamique (EI) est de nouveau passé à l'acte mercredi. Le groupe extrémiste sunnite, né en 2006 en Irak sous un autre nom et réapparu avec toute sa force en 2013, a exécuté plus de 160 soldats après s'être emparés d'une base clé en Syrie. Ailleurs dans le pays, 43 Casques bleus de l'ONU sont détenus alors que le cap des 3 millions de réfugiés a été franchi, annonce ce vendredi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

Passé maître dans l’art d’utiliser les réseaux sociaux pour soigner sa communication, le groupe extrémiste a mis en ligne une nouvelle vidéo. Celle-ci montre des hommes, présentés comme des soldats, capturés puis exécutés dans une zone désertique. Sur les premières images, des dizaines de jeunes gens marchent sur une route désertique, en sous-vêtements, pieds nus, mains sur la tête, encadrés par des jihadistes armés dont l'un porte l'étendard de l'EI. Ensuite, après un gros plan sur plusieurs corps empilés, la caméra filme un peu plus loin une interminable ligne de dizaines de corps gisant côte à côte, face contre le sol. Une dizaine d'hommes, qui semblent être des habitants de la région, les regardent.

Trois millions de réfugiés

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les soldats abattus par balles ont été capturés lors de la prise de la base 17 à Raqqa fin juillet, de celle de l'aéroport militaire de Tabqa dimanche dans la même province, et lors de leur fuite de l'aéroport vers la localité d'Esraya, plus au sud. Ailleurs dans le pays, 43 Casques bleus de l'ONU étaient détenus jeudi sur le plateau du Golan par des groupes armés rebelles et 81 autres sont bloqués dans deux localités de la région, a indiqué l'ONU, le Conseil de sécurité appelant à leur "libération immédiate".

Les jihadistes de l'EI occupent désormais le premier plan du conflit en Syrie qui a fait plus de 190.000 morts depuis mars 2011 selon l'ONU qui a revu à la hausse son bilan humanitaire ce vendredi. "La crise des réfugiés syriens s'aggrave. Elle franchit aujourd'hui un nouveau cap avec le chiffre record de trois millions de personnes" déplacées, a annoncé le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans un communiqué en ajoutant que cette donnée n'incluait pas les centaines de milliers d'autres Syriens qui ont fui le pays mais ne se sont pas fait enregistrer comme réfugiés.

Face à la montée en puissance de l'EI, engagé également dans une offensive chez le voisin irakien où il a pris de larges pans de territoire depuis le 9 juin, le président américain Barack Obama a expliqué jeudi depuis la Maison Blanche n'avoir "pas encore de stratégie" ajoutant que les Etats-Unis n'avaient pas à faire un choix en Syrie entre le régime de Bachar al-Assad et l'Etat islamique et qu'il entendait "continuer à soutenir l'opposition modérée".

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