Le conflit syrien s'invite désormais au coeur de Damas. Les combats "les plus violents" depuis le début de la révolte en Syrie secouaient en effet plusieurs quartiers de la capitale dimanche soir, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), avant de reprendre ce lundi matin.
"L'armée régulière lance des tirs de mortiers contre plusieurs quartiers" où sont retranchés des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), a affirmé à l'AFP le directeur de l'Observatoire Rami Abdel Rahmane. "Ca n'a jamais été aussi intense". Selon l'Observatoire, les forces de sécurité tenteraient de reprendre le contrôle de plusieurs quartiers de la ville, mais "n'y arrivent pas pour le moment." Et d'ajouter que des ambulances auraient été vu transportant des membres blessés des forces régulières.
De "violents combats"
L'OSDH fait état de "morts et de blessés dans les "violents combats" dans ce quartier, sans préciser de bilan dans l'immédiat. La Commission générale de la révolution syrienne, un réseau de militants sur le terrain, rapporte de son côté que des tirs de mortiers ont visé également le quartier de Qadam, faisant des blessés graves en s'abattant sur certaines parties "densément peuplées".
De son côté, l'agence officielle Sana a indiqué qu'"un groupe terroriste qui avait fait exploser des charges dans le quartier de Tadamone a essuyé de lourdes pertes dans ses rangs", sans donner plus de précisions.
Au moins 70 morts pour la seule journée de dimanche
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a salué les insurgés qui combattent les forces régulières dans la capitale, accusant le régime d'avoir transformé les quartiers rebelles en "champ de bataille". Il a mis en garde la communauté internationale contre les éventuels "résultats catastrophiques" de ces combats opposant des rebelles faiblement équipés à la puissance de feu des troupes gouvernementales.
"La révolution s'étend et ressère l'étau autour du régime dans des zones où il se sentait à l'abri de la colère du peuple", a réagi Georges Sabra, porte-parole du CNS dans une allocution télévisée diffusée par des chaînes satellitaires arabes. "Nous faisons assumer à la Ligue arabe et à la communauté internationale la responsabilité de tout résultat catastrophique de ce qui passe actuellement à Homs et à Damas", a-t-il prévenu, appelant tous les Syriens à venir en aide à la capitale dans ces combats "cruciaux".
Dimanche, les violences ont fait au moins 70 morts --25 civils, 17 combattants rebelles et 28 soldats--, selon l'OSDH qui s'appuie sur un réseau de militants, dont des médecins et des avocats. Parmi les militaires tués figurent au moins 10 soldats morts dans une attaque rebelle.















