Enfin un pas dans l'application de l'accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien. Vendredi, Damas a fourni une première liste d'armes chimiques à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). En parallèle, l'OIAC qui devait se réunir dimanche pour étudier le début de ce programme de destruction et la demande d'adhésion de la Syrie à la Convention de 1993 sur l'interdiction des armes chimiques, a reporté la réunion sine die.

En cause, le texte devant servir de base de travail à la réunion, qui fait l'objet de discussions entre Américains et Russes, n'est pas encore prêt, selon des sources diplomatiques. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï, Lavrov, se sont pourtant longuement entretenus vendredi à ce sujet. Au cours d'une "longue conversation" téléphonique, ils ont parlé de leur "coopération, non seulement pour adopter les règles de l'OIAC mais aussi pour une résolution ferme et forte au sein des Nations unies", a déclaré John Kerry en recevant au département d'Etat son homologue néerlandais Frans Timmermans.

Désaccord sur le projet de résolution

Les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU ne parviennent dans le même temps pas à se mettre d'accord sur un projet de résolution et ce, malgré plusieurs réunions sur le sujet. L'inscription ou non d'une telle résolution sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui prévoit des "mesures coercitives" allant de sanctions économiques à l'usage de la force, cristallise les positions des uns et des autres.

Selon des diplomates à l'ONU, les Occidentaux cherchent à convaincre la Russie, opposée à toute mention d'un éventuel recours à la force, que leur projet de texte n'implique pas la menace d'une action militaire immédiate. Si un compromis est finalement trouvé, le texte pourrait être soumis au vote ce week-end.