Les débats ne seront pas suivi d'un vote, mais ils promettent d'être houleux. Mercredi, face aux députés, Jean-Marc Ayrault va devoir convaincre du bien-fondé d'une intervention française en Syrie. L'intervention du Premier ministre devrait précéder de quelques jours celle du président de la République : ce dernier a en effet promis mardi de s'adresser aux Français.

Après le volte-face d'Obama, qui a suspendu l'intervention en Syrie au vote du Congrès, et le désistement Britannique, François Hollande se retrouve aujourd’hui seul sur le front syrien. Son combat, désormais, va devoir passer par le sol Français. Il lui faut en effet convaincre la classe politique mais aussi les Français de la légitimité d'une intervention. Et sur un plan international, François Hollande s'active pour obtenir une coalition : "pas question d'agir seuls", a répété le chef de l'Etat mardi.

Une stratégie en deux temps

Les réunions se succèdent à l'Elysée pour trouver un moyen de sortir de ce piège politique. Dès lundi soir, le gouvernement a abattu une première carte de sa manche en rendant publiques des informations des services de renseignements destinés à légitimer une intervention armée. Un document de neuf pages, assorti de vidéos montrant les symptômes de l'attaque chimiques. "Les preuves sont là et nul ne peut le contester", a affirmé François Hollande mardi, lors d'une conférence de presse à l'Elysée. Déterminé, au ton solennel, le président a tenu sa ligne, en assurant de nouveau "ce crime" ne pouvait "rester impuni". Et peu importe si, le jour même, le dictateur syrien menace dans le Figaro les intérêts de la France en cas d'attaque. "J'en suis sorti renforcé dans ma détermination", a-t-il même fait savoir.

Déterminé, mais prudent, le président sait qu'il marche sur des œufs. Sa stratégie, il va la construire en deux temps. D'abord mercredi, donc, à l'Assemblée, où les élus débattront sur l’opportunité d'intervenir en Syrie. Un vote au Parlement, réclamé par des élus de droite comme de gauche, n'est désormais plus exclu par le Président. Mais celui-ci ne pourrait avoir lieu qu'après la décision, très attendue, du Congrès américain, dont les travaux reprendront le 9 septembre.

Ensuite, ce sera à François Hollande de s'exprimer officiellement devant les Français. Lors de l'intervention militaire de la France au Mali, le 11 janvier, il s'était fendu d'une allocution, un jour après l'entrée en guerre des troupes françaises. Cette fois, et selon toute logique, il devrait prendre la parole avant toute action militaire.