"La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents", a déclaré solennellement François Hollande mardi. Reste désormais à "trouver la riposte appropriée". Le président a donc convoqué le Parlement "en session extraordinaire pour un débat" mercredi prochain. 

Un conseil de défense s'est déjà réuni, mercredi 28 août à midi à l'Elysée pour "examiner les différentes options possibles". 

Dans ce Conseil, quatorze hauts responsables :
- le Premier ministre Jean-Marc Ayrault
- Laurent Fabius (Affaires étrangères)
- Manuel Valls (Intérieur)
- Jean-Yves Le Drian (Défense)
Et des responsables de l'armée et du renseignement. 

L'UMP soutient Hollande

Une fois n'est pas coutume, l'UMP soutient la décision du Président. L'ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, appelle ainsi à "s'affranchir des blocages" de l'ONU pour "aider militairement la résistance syrienne". Tout en appelant à la prudence, le chef de l'opposition Jean-François Copé approuve lui aussi une intervention, si elle se limite "à des frappes ponctuelles". Moins partant, son rival François Fillon pose ses conditions : une intervention, oui, mais avec l'ONU. "On ne va pas recommencer les errements de la guerre en Irak !", a lancé le député UMP.

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen réticents

Mais à gauche de la gauche, la décision ne passe pas. Une intervention militaire "serait une erreur gigantesque, peut-être le seuil d'une guerre beaucoup plus large que toutes celles que nous avons vues dans cette région", pour le co-président du parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Même réticence au FN, mais pour d'autres raisons : en aidant les rebelles, Hollande "choisi les islamistes", argue Marine Le Pen.

Sondage : les Français partagés

Les Français, eux, sont partagés. Interrogés sur une intervention en Syrie, 45% d'entre eux s'y déclarent en effet favorables alors que 40% y sont opposés, selon un sondage CSA pour le site d'information Atlantico diffusé mercredi. A la question "Seriez-vous favorable ou opposé à une intervention militaire des Nations-Unies en Syrie ?", 14% des personnes interrogées se disent "tout à fait" favorables et 31% "plutôt" favorables. 20% d'entre elles y sont "tout à fait" opposées, 20% également "plutôt" opposées et 15% sans opinion.

Une précision toutefois : la question porte bien sur une intervention militaire "des Nations-Unies", alors que l'opération internationale qui semble se mettre en place devrait se faire sans mandat de l'ONU. Une option certainement moins populaire auprès de l'opinion. 

Et... vous ? 

Les politiques ont choisi leur camp mais les Français sont indécis. D'autant que sans mandat de l'ONU, les avis devraient être tranchés. Au fait, quel est le vôtre ? 

Pour ou contre l'intervention de la France en Syrie ? Metronews attend vos réactions dans les commentaires.