Alors que la ville de Homs, fief des insurgés syriens, est la cible d'un pilonnage intense de tirs de mortier et que les rues d'Alep sont livrées à la guérilla, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie a donné sa démission jeudi, a annoncé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Une démission qui planait de longue date. Kofi Annan a fait part de son "intention de ne pas renouveler son mandat", qui expire le 31 août, poursuit le communiqué. Une décision logique alors que le plan de paix en six points du Ghanéen qui faisait de la cessation des combats un préalable indispensable n'a jamais pu être appliqué. Le secrétaire général onusien a fait part de sa "très profonde gratitude pour ses efforts courageux et déterminés" et son "profond regret" de voir partir son prédécesseur. Ban Ki-moon a indiqué avoir entamé des consultations avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, pour "nommer rapidement un successeur qui puisse poursuivre ces efforts de paix essentiels".
"Je n'ai pas reçu tous les soutiens"
L'ONU "reste impliqué dans des efforts diplomatiques pour mettre un terme à la violence" en Syrie, a souligné le Coréen. Mais il a déploré le fait que "les divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité sont devenues un obstacle à la diplomatie, rendant le travail de tout médiateur beaucoup plus difficile. Tragiquement, la spirale de la violence continue en Syrie. Le gouvernement et les forces de l'opposition continuent de montrer leur détermination à accroître la violence", indique Ban Ki-moon.
Kofi Annan, de façon laconique, a pour sa part déclaré qu'il n'avait pas "reçu tous les soutiens que la cause méritait. Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs", a déclaré Annan lors d'une conférence de presse improvisée depuis Genève. Une adresse à la Russie et la Chine qui ont aujourd'hui beau jeu de regretter officiellement son départ avec que les deux pays n'ont eu de cesse de bloquer toute prise de décision au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, aujourd'hui dirigé par la France.
















