Le 31 mai, à minuit, l'embargo sur les armes qui frappe la Syrie expirera. Les Européens doivent donc décider s'ils veulent ou non le modifier pour se laisser la possibilité de fournir des armes aux rebelles. "C'est le seul moyen de modifier le rapport de force sur le terrain et d'amener Bachar al-Assad à la table des négociations," martèle pour Metro Agnes Levallois, consultante spécialiste du Moyen-Orient. 

L'idée, avancée depuis mars par Paris et Londres, s'est enlisée dans les divisions de l'opposition syrienne. Celles-ci ont alimenté les craintes de plusieurs membres de l'UE, comme la Belgique ou l'Autriche, que les armes livrées tombent entre de mauvaises mains. Comprendre : celles des djihadistes. "Il nous faut des garanties de stabilité de nos interlocuteurs", admet aujourd'hui le quai d'Orsay.

"Le moment de vérité"

Pour tenter de surmonter leurs divisions, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont réunis lundi à Bruxelles. "C'est le moment de vérité que nous attendons depuis des mois. Pensez aux Syriens", a plaidé un porte-parole la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Khaled al-Saleh. Mais en sortant de la réunion en fin d'après-midi, Laurent Fabius a annoncé que les 27 n'étaient pas encore parvenus à un accord.

S'ils n'y arrivent pas d'ici à vendredi, ils opteront probablement pour une reconduction de l'embargo conditionnée aux résultats de Genève 2. Prévue le 10 juin, cette conférence internationale sur la Syrie placée sous le patronage américano-russe doit explorer les voies politiques pour mettre fin au conflit.