Nouvelle escalade dans le conflit syrien. Depuis lundi soir, des combats entre l'armée du régime de Bachar al-Assad et les insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL) se déroulent en plein coeur de la capitale, Damas. "Des rafales d'armes automatiques ont été entendus et des membres de sécurité armés de kalashnikovs couraient" sur la place Sabeh-Bahrat, où se trouve la Banque centrale, ont rapporté des témoins à l'AFP ce mardi matin. D'autres tirs étaient entendus également rue de Bagdad, une grande artère proche de cette place.
Dans les quartiers hostiles au régime, les affrontements se poursuivent. Le quartier Midane, proche du centre-ville "a été la cible de tirs d'obus de mortier mardi et des combats opposaient rebelles et troupes régulières", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne. Dans la nuit de lundi à mardi, le quartier de Qaboun (est) a été visé par des tirs "depuis des hélicoptères" tandis que des combats se sont déroulés dans les quartiers de Aassali, Hajar el-Aswad et Qadam (sud).
Opération "Volcan de Damas"
Au terme d'une journée de combats d'une intensité sans précédent, les insurgés ont lancé lundi soir une opération de grande envergure baptisée "le volcan de Damas et les séismes de la Syrie". Evoquant un "tournant" dans la révolte, l'ASL a affirmé avoir commencé à attaquer "toutes les stations et les postes de sécurité dans les villes et dans les campagnes".
Les rebelles ont également entrepris de couper les grandes routes afin de paralyser l'armée du régime. Il s'agit "de la première étape stratégique pour amener la Syrie dans un état de complète et totale désobéissance civile", indique un communiqué signé du commandement conjoint Homs-Armée syrienne libre. L'opposition continue par ailleurs ses appels à la défection.
Kofi Annan à Moscou
L'inquiétude monte par ailleurs sur la possible utilisation d'armes chimiques. Lundi, Nawaf Farès, premier ambassadeur syrien à avoir rejoint l'opposition, a affirmé à la BBC que Bachar al-Assad était prêt "à éradiquer le peuple syrien tout entier" pour rester au pouvoir et à "utiliser de telles armes" . La Syrie dispose d'un grand stock d'armes chimiques, notamment de gaz sarin et de gaz moutarde.
Le médiateur international Kofi Annnan rencontre ce mardi le président russe à Moscou pour évoquer le conflit syrien. Mais la Russie a déjà prévenu qu'elle ne quitterait pas sa ligne dure de soutien au régime de Bachar al-Assad qui bloque toute nouvelle résolution à l'ONU.















