L’enthousiasme n'est pas retombé au lendemain de l'annonce par la Russie d'une proposition de sortie de crise dans le dossier syrien. De Damas à Washington, en passant par Paris, les chancelleries s'activaient mardi pour concrétiser rapidement la mise sous contrôle international de l'arsenal chimique syrien en vu de sa destruction. Damas a ainsi apporté des gages de bonne foi à la communauté internationale, qui continuait d'afficher sa prudence et sa détermination à maintenir la pression sur le régime de Bachar al-Assad.

Le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Mouallem a ainsi annoncé que son pays était prêt à "se joindre à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques". "Nous sommes prêts à annoncer où se trouvent les armes chimiques, à cesser la production d'armes chimiques et à montrer ces installations aux représentants de la Russie, d'autres pays et de l'ONU", a-t-il ajouté.

Washington et Paris en étroite collaboration

Du côté de Washington, chacun a revu sa copie. A commencer par Barack Obama, qui devait s'exprimer à la nation dans la soirée, après avoir rencontré les parlementaires américains. Les Sénateurs, dont le vote sur le projet de frappes punitives américaines était programmé mercredi, ont pour leur part travaillé à la rédaction d'une nouvelle résolution autorisant la force en cas d'échec du contrôle de l'arsenal syrien. Une date limite devrait notamment être fixée pour éviter toute manipulation du régime de Damas.

Tandis que les présidents Obama et Hollande ont convenu, au cours d'un entretien téléphonique, "de travailler étroitement ensemble pour examiner, avec la plus grande attention, la pertinence de la proposition russe", Moscou devait adresser à Washington le détail de son initiative. Des éléments que va étudier le secrétaire d'Etat américain John Kerry avant de rencontrer, jeudi à Genève, son homologue russe Sergueï Lavrov.